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« Mon soutien psy », lancé en 2022, permet d'avoir accès à douze séances avec un psychologue libéral conventionné, pour les patients souffrant d'une anxiété ou d'un trouble dépressif « léger ». Les consultations sont facturées 50 euros, dont 30 euros remboursés par l'Assurance maladie, le reste par la complémentaire santé.
Ce dispositif novateur « montre des limites structurelles qui compromettent sa portée et son efficacité », estiment dans cette tribune, publiée dans l'Express, une trentaine de professionnels dont les co-présidents de l'association Aidpsyco (psychologues conventionnés) et plusieurs enseignants universitaires.
Les critères d'inclusion sont trop restrictifs, excluant les « situations les plus sévères » (psychotraumatismes complexes, dépression sévère, troubles anxio-dépressifs chroniques...) dont les patients « présentant un risque suicidaire », contraints de payer eux-mêmes leurs séances, déplorent-ils.
Désaccords sur l'efficacité
Ils appellent à « déplafonner le nombre de séances », ce seuil de douze étant « insuffisant » pour de nombreuses pathologies, et à modifier les tarifs, qui selon eux « ne permettent pas d’exercer à temps plein sous convention ».
Ils proposent enfin de « renforcer les conditions d’accès » au titre de psychologue, qui n'offre aujourd'hui pas suffisamment de « garanties » sur l'approche utilisée, et de mettre en place « une véritable convention nationale des psychologues avec l’Assurance maladie ».
À l'inverse, la Convergence des psychologues en lutte (CPL), qui revendique 20 000 adhérents, plaide pour « supprimer le dispositif », et réallouer ses fonds. Ils permettraient de salarier « 2 500 à 4 000 psychologues dans le secteur public », notamment les centres médico-psychologiques (CMP), qui « ne trient pas les patients » et sont « débordés », souligne le président Albert Ciccone.
Selon lui, des agences régionales de santé « se désengagent » de dispositifs anciens, au motif que Mon soutien psy existe. Un réseau ville-hôpital d'aide à la parentalité qui recevait « 700 bébés par an » à Saint-Étienne a perdu ses financements, tout comme des groupes de parole de la Ligue contre le cancer, ou la psychologue d'une maison de santé du Rhône, assure-t-il.
Dans un courrier à la CPL en janvier, le directeur de l'Assurance maladie Thomas Fatôme défendait les « résultats probants » du dispositif.
À fin novembre 2025, 7 200 psychologues étaient conventionnés, près d'un million de patients en ont bénéficié, pour six séances en moyenne. « Plus des deux tiers » sont des femmes, 30% des moins de 25 ans et 29% des résidents des « communes les plus défavorisées », écrivait-il.
Avec AFP
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