© Midjourney x What's up Doc
Pour améliorer les grands symptômes de cette maladie neurodégénérative (tremblements, raideurs musculaires, difficultés gestuelles), des médicaments dopaminergiques sont prescrits pour compenser un déficit ou un dysfonctionnement de la production de dopamine, essentielle au contrôle des mouvements, de l'humeur et des émotions.
« Certains patients sous traitement vont développer des comportements compulsifs, difficiles à contrôler, avec des répercussions parfois graves sur leur vie personnelle, familiale ou professionnelle », selon l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), qui rappelle l'importance de bien connaître ces risques et de surveiller les signes d'alerte.
Ces troubles peuvent se manifester par une addiction aux jeux d'argent, des achats compulsifs, une hypersexualité, des comportements agressifs ou violents, une consommation excessive de nourriture dans un temps très court, énumère l'autorité sanitaire.
Ces effets indésirables « peuvent survenir progressivement, sans que le patient en ait toujours conscience » et « même à faible dose ou après plusieurs années de traitement », souligne-t-elle.
Mais dans la plupart des notices, leur fréquence de survenue, soit la proportion de personnes touchées, est qualifiée d'indéterminée faute d'avoir pu la calculer avec précision à partir des données scientifiques disponibles avant leur commercialisation, observe l'ANSM.
Ainsi par exemple, dans le traitement de la maladie de Parkinson par le pramipexole (Sifrol en Europe, Mirapex, Mirapexin aux États-Unis), de la famille des agonistes dopaminergiques, « les troubles du contrôle des impulsions sont fréquents », pouvant toucher jusqu'à une personne sur dix, souligne l'ANSM.
Patients mal informés
La principale association de lutte contre la maladie, France Parkinson, estimait encore le mois dernier que les patients n'étaient pas suffisamment informés lors de la prescription.
L'ANSM souligne la nécessité pour les professionnels de santé d'informer « systématiquement » les patients, d'impliquer les proches pour qu'ils puissent « repérer les signes d'alerte » et l'importance de signaler « rapidement et sans honte tout comportement inhabituel » au médecin.
Les effets indésirables des agonistes de la dopamine sont bien documentés. Une étude publiée en 2018 dans la revue Neurology par des chercheurs français montrait qu'au-delà de cinq ans sous ces traitements, la moitié des patients connaissent un trouble impulsif.
Les médicaments dopaminergiques sont aussi utilisés pour réduire les mouvements involontaires dans le syndrome des jambes sans repos et dans l'hyperprolactinémie (sécrétion excessive de l'hormone prolactine) qui entraîne des désordres dans les cycles menstruels et peut perturber la fertilité.
Avec AFP
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