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L’Agence nationale du médicament (ANSM) a annoncé des sanctions financières en France à l’encontre des laboratoires pharmaceutiques Novo Nordisk (danois) et Eli Lilly (américain) pour un montant proche de 2 millions d’euros au total.
Sanctions lourdes et détaillées
L’autorité sanitaire a infligé une sanction globale de plus de 1,78 million d’euros à Novo Nordisk France pour des campagnes de nature à « inciter le grand public » à recourir à ses traitements anti-obésité – Saxenda et Wegovy –, deux spécialités de la famille des analogues du GLP-1, considérés comme l’une des avancées pharmaceutiques majeures de ces dernières années.
Dans le détail, le fabricant danois, champion de l’insuline, écope d’une amende d’1 million d’euros, soit le montant maximum prévu par les textes, concernant la diffusion de publicités en faveur de son médicament Saxenda, ainsi qu’une sanction de 783 838 euros portant sur le Wegovy.
Dans une moindre mesure, Eli Lilly France est sanctionnée de 108 766 euros pour une campagne autour de son anti-obésité Mounjaro.
Publicité illégale en cause
L’ANSM considère que ces communications sont « susceptibles de constituer une promotion indirecte de médicaments soumis à prescription médicale obligatoire », alors que la réglementation interdit toute publicité auprès du grand public pour ces traitements non remboursés par l’Assurance maladie.
Dans un contexte de forte médiatisation et de mésusage croissant des analogues du GLP-1 à des fins de perte de poids esthétique, l’agence souligne que ces campagnes, largement diffusées sur différents supports, étaient de nature à induire le public en erreur.
Novo Nordisk contre-attaque
Dans une réaction à l’AFP, Novo Nordisk France « conteste fermement » la position de l’ANSM et « examine toute éventuelle voie de recours contre cette décision ».
Un peu avant l’été dernier, l’entreprise avait placardé des affiches dans les couloirs du métro parisien, mettant en scène une personne en surpoids déterminée à « agir » pour sa santé.
Selon l’ANSM, elle diffuse depuis octobre 2025 « deux nouveaux supports auprès du grand public », dont un message sur les réseaux sociaux évoquant les difficultés de perte de poids liées à la ménopause et invitant à consulter un gynécologue, illustré par une femme entrant dans cette période.
Sont pointées du doigt aussi des vidéos redirigeant vers un site internet (audeladupoids.fr) comprenant des informations sur l’obésité et ses traitements, en mettant en scène une femme d’une quarantaine d’années ayant été en surpoids.
Le laboratoire se défend en affirmant que « ces campagnes – qui ne sont, à l’heure actuelle, plus diffusées – s’inscrivaient dans le cadre des bonnes pratiques de prévention et de sensibilisation ». Il a par ailleurs dévoilé en mars une étude du cabinet Asterès, évaluant le coût médico-économique de l’obésité en France à 18 milliards d’euros par an.
Eli Lilly assume sa position
De son côté, Eli Lilly France a dit prendre acte de la décision de l’ANSM, estimant que sa campagne de sensibilisation intitulée « L’obésité, c’est un truc de malades » (avril 2025) était « conforme au cadre applicable aux communications relatives à la santé humaine ».
Un succès médical sous surveillance
D’abord commercialisés comme anti-diabétiques, les GLP-1 ont désormais fait leurs preuves comme traitements d’une efficacité sans précédent pour réduire l’obésité, ce qui explique l’engouement qu’ils suscitent. Leur prescription reste toutefois réservée à des situations bien définies.
Par sa décision, la vigie du médicament vise « à prévenir toute communication susceptible de valoriser le recours au traitement médicamenteux comme réponse principale à l’obésité, d’induire le public à solliciter ce traitement auprès d’un professionnel de santé ou à chercher à se le procurer ».
L’ANSM rappelle enfin que la vente et la promotion sans autorisation de ces médicaments sur internet sont illégales. Elle met en garde contre des produits pouvant être contrefaits et insiste sur le fait qu’ils ne doivent pas être utilisés à des fins esthétiques.
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