Les uros et les hépatos pressés de reprendre du service

L'association française d'urologie (Afu) ainsi que le collège national d'hépato-gastro-entérologie ont manifesté leur empressement à reprendre une activité normale, arguant de pertes de chances pour leurs patients. 

Au quasi chômage technique depuis le début de l’épidémie, suite à la demande express des autorités sanitaires de déprogrammer les activités non urgentes, de nombreux spécialistes trépignent d'impatience, et demandent, à l’instar des médecins libéraux, un retour à la normale. Ainsi, dans un communiqué, l’association française d’urologie (AFU), demande la « reprise des activités médico-chirurgicales pour éviter toutes pertes de chance aux patients ». « Depuis le début de la crise sanitaire liée au coronavirus, une partie des patients atteints de cancers et la majorité des patients atteints de maladies urologiques non cancéreuses (calculs rénaux volumineux, pathologies prostatiques bénignes mais compliquées, incontinence urinaire invalidante, conséquences urologiques des maladies neurologiques, transplantation rénale…) ont été mis en liste d’attente », constate l’AFU. Pour éviter une perte de chances pour ces patients, il est devenu urgent de les traiter, prônent l’Association Française d’Urologie (AFU), le Conseil National Professionnel d’Urologie (CNPU), le Collège Français des Enseignants d’Urologie (CFEU) et le Syndicat National des Chirurgiens Urologues Français (SNCUF). Pour ce faire, l’AFU rappelle également qu’ « une collaboration pluridisciplinaire est indispensable impliquant d’autres spécialités médicales telles que les médecins anesthésistes réanimateurs et les infectiologues », que « les ressources en personnel et également matérielles pour l’accueil du patient, l’hospitalisation et l’intervention doivent être suffisantes », ainsi qu’un « accès adapté aux secteurs de consultation et aux plateaux techniques ». Pour résumer la position de l’AFU, le professeur Georges Fournier conclut : « Il faut souligner l’importance de la levée progressive des restrictions concernant l’activité de radiologie et de médecine nucléaire afin de pouvoir à nouveau programmer les examens de diagnostic ou de suivi. » 

"On ne peut plus attendre"

Les hépato-gastro-entérologues trépignent également de leur côté. Comme pour justifier d'une reprise d’activité rapide dans leur spécialité, le collège national professionnel d’hépato-gastroentérologie rappelle dans un communiqué que « près de 80 000 cas incidents annuels de cancers digestifs sont diagnostiqués en France. On ne peut plus attendre, au risque d’un préjudice irréversible pour nos patients ». Le collège propose ainsi une organisation en fonction du Covid19 qui permettrait une rapide reprise d’activité. « La téléconsultation ou les contacts téléphoniques peuvent être effectués pour le suivi des patients si un examen physique n’est pas nécessaire […] L’organisation des consultations présentielles doit être conforme aux règles d’hygiène. » De la même manière, l’activité ambulatoire sera préférée et « l’organisation du plateau technique d’endoscopie doit répondre aux nouvelles recommandations d’organisation ». Le collège indique aussi que « les activités d’urgence sont poursuivies et les patients reportés seront recontactés avec une priorisation définie par l’hépato-gastroentérologue ». Le collège se fixe une reprise de l’activité se rapprochant de la normale autour du 11 mai, jour de déconfinement. 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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