Les sages-femmes, une denrée rare dans le monde

Il manque actuellement 900 000 sages-femmes dans le monde, alerte l’OMS dans un communiqué. Selon l’institution, un meilleur investissement en faveur de cette profession permettrait d’éviter 4,3 millions de décès annuels.

« Des millions de femmes et de nouveau-nés décèdent et des millions d’autres souffrent de problèmes de santé ou de traumatismes parce que les besoins des femmes enceintes et les compétences des sages-femmes ne sont pas reconnus ou ne font pas partie des priorités », entame l’OMS dans son communiqué publié le 5 mai 2021.

Il manquerait aujourd’hui 900 000 sages-femmes dans le monde, soit un tiers des besoins effectifs. Un problème préexistant, encore aggravé par la crise sanitaire. « Les besoins des femmes et des nouveau-nés ont été relégués au second plan, les services obstétricaux ont été perturbés et les sages-femmes ont été affectées dans d’autres services de santé », précise l’institution.

Dans ce contexte, un Rapport sur l’état de la pratique de sage-femme dans le monde 2021 a été publié par l’UNFPA (l’organisme des Nations Unies s’occupant des questions de santé sexuelle et reproductive), l’OMS (Organisation mondiale de la Santé), l’ICM (Confédération internationale des sages-femmes) et leurs partenaires.

« Une analyse réalisée pour ce rapport et publiée dans The Lancet en décembre dernier montre que le plein financement des soins obstétricaux d’ici à 2035 permettrait d’éviter 67 % des décès maternels, 64 % des décès néonatals et 65 % des mortinaissances. On pourrait sauver ainsi 4,3 millions de vies par an ».

Des manques déjà dénoncés dans un rapport en 2014 mais des progrès trop lents. Une pénurie qui trouve sa racine dans l’inégalité entre les sexes selon l’OMS. « Le fait qu’on ne consacre pas assez de ressources au personnel obstétrical est le signe que les systèmes de santé n’accordent pas la priorité aux besoins des femmes et des filles en matière de santé sexuelle et reproductive et ne reconnaissent pas l’importance des sages-femmes – dont la plupart sont des femmes – pour répondre à ces besoins ».

Pour rectifier le tir, l’OMS propose des pistes : « investir davantage dans leur formation académique et pratique, dans la prestation de services dirigés par elles et dans le leadership de leur profession. Les pouvoirs publics doivent accorder la priorité au financement et au soutien de la pratique de sage-femme et prendre des mesures concrètes pour associer les sages-femmes à l’élaboration des politiques de santé ».

Portrait de Constance Maria

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