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« Après un certain âge, le foie et les reins fonctionnent plus lentement, ce qui ralentit l'élimination des substances actives », rappelle Que Choisir Santé. Résultat : les résidus médicamenteux s'accumulent dans le corps, augmentant le risque de somnolence, de vertiges, de confusion, mais aussi de chutes et de toxicité rénale.
Ce phénomène est d'autant plus préoccupant que, selon les chiffres de l'Assurance Maladie, 40 % des personnes âgées de 75 ans avaient reçu en 2019 au moins une prescription potentiellement inappropriée.
Sur 13 millions de personnes âgées, la moitié prennent cinq médicaments ou plus, et 1,6 million consomment même dix traitements ou davantage.
Un manque de données
L'étude pointe un problème de fond : les prescriptions sont souvent faites comme si les patients étaient de jeunes adultes. « Les doses ne sont pas toujours adaptées, et les interactions médicamenteuses ne sont pas assez prises en compte », déplore le magazine.
Un manque d'attention qui peut avoir des conséquences graves pour les plus âgés : une simple chute peut conduire à une hospitalisation et accélérer la perte d'autonomie.
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/personnes-agees-et-surmedication-un-cocktail-explosif-0
Une des causes de cette situation est l'exclusion des seniors des essais cliniques. Que Choisir Santé souligne que les plus de 60 ans, pourtant grands consommateurs de médicaments, sont largement sous-représentés dans ces études. « On manque de données spécifiques sur l'effet réel des traitements chez les personnes âgées », alerte le magazine.
La communication avant tout
Pour limiter les risques, Que Choisir Santé recommande plusieurs réflexes. Vérifier que chaque traitement soit adapté à l’âge des patients et revoir régulièrement la liste des médicaments pris.
De même, il faut communiquer avec les pharmaciens pour vérifier les interactions possibles entre différents médicaments.
Enfin, cette dernière recommandation s’adresse davantage aux patients : il faut « signaler rapidement tout signe suspect : fatigue inhabituelle, confusion, ou chutes. »
Le magazine rappelle qu'une vigilance partagée entre médecins, pharmaciens et patients est essentielle pour éviter ces drames silencieux.
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