Les 3 ingrédients des économies à l’hôpital : autonomie, autonomie et autonomie !

Le 21 mai dernier, le monde hospitalier a exhibé ses divisions en deux lieux très différents de la capitale. Alors que le personnel de l’AP-HP manifestait devant le siège du plus grand CHU de France pour préserver ses RTT, une poignée de décideurs étaient réunis aux « Salons Santé Autonomie » de la porte de Versailles sous l’égide du « Think Tank Economie Santé », pour discuter des nécessaires coupes budgétaires dans les établissements.

Le « Think Tank Economie Santé » est un club de dirigeants du monde de la santé qui se réunit tous les mois et qui, chaque année, publie une recommandation pour améliorer le système. Le millésime 2015 a été présenté au grand public début avril et est ainsi formulé : « donner aux établissements hospitaliers les moyens de faire des économies ». Devant les visiteurs des « Salons Santé Autonomie », Philippe Leduc, président du « Think Tank », enfonçait le clou : « L’hôpital aujourd’hui en France coûte trop cher ». Et ce médecin d’asséner : « Depuis 25 ans, nous empilons une somme colossale de directives et de mesures, et il y a toujours trop d’hôpitaux ».

La solution, d’après la « Reco » du « Think Tank », tient en trois axes : éviter les interférences du pouvoir politique dans la gestion des hôpitaux, donner une réelle autonomie de gestion aux équipes de direction, et veiller à informer le public de manière transparente. Mais à en croire les débats qui ont eu lieu le 21 mai porte de Versailles, c’est le concept d’autonomie par rapport au politique qui est central. Pour en faire quoi ? Pour tailler dans les effectifs, bien entendu !

Pourquoi, par exemple, refuse-t-on de fermer des structures qui n’ont plus d’utilité dans le système hospitalier, s’interroge Christian Anastasy, le Directeur Général de l’Agence Nationale pour l’Appui à la Performance (ANAP) ? « Vous connaissez tous les réponses : le poids de l’hôpital, c’est 1,3 millions de salariés. Fermer un établissement, c’est un drame aussi parce que ça supprime des emplois ».

Et Cédric Arcos, directeur de cabinet à la Fédération Hospitalière de France (FHF), de renchérir : « Le pouvoir politique est inquiet face à l’hôpital, perçu comme un risque social, mais aussi économique ». Et pourtant, « il va falloir accepter de fermer des services », explique ce directeur d’hôpital. « C’est aux politiques de nous accompagner ». Pas sûr que les milliers de manifestants qui défilaient avenue Victoria au moment où M. Arcos prononçait ces mots l’entendent de cette oreille…

photo : Philippe Leduc aux "Salons Santé Autonomie", le 21 mai dernier.

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