Législatives : un interne candidat contre l’UE

Rencontre avec Matthieu Guilhem

Matthieu Guilhem a 27 ans, et est en deuxième semestre de médecine générale. Actuellement en stage de gynéco à l’hôpital de Castres, il se présente aux législatives à Toulouse sous l’étiquette de l’Union populaire républicaine (UPR), le parti de l’ex-candidat à la présidentielle François Asselineau. Et son discours contre l’Europe est plutôt musclé.

What’s up Doc. Pourquoi t’es-tu engagé en politique ?

Matthieu Guilhem. Vaste question. Je suis issu d’une famille clairement à gauche, et j’ai toujours été intéressé par la politique. Un jour, en 2012, ma copine de l’époque m’a envoyé une vidéo de François Asselineau. Je lui ai dit qu’elle était bien gentille, mais que quatre heures de vidéo politique, c’était un peu long pour moi. Elle a insisté, j’ai regardé la vidéo, et les semaines suivantes je me suis fait toutes les conférences de l’UPR. J’ai d’abord adhéré sans militer, puis je me suis mis à militer, puis on m’a proposé d’être sur la liste des régionales en 2015… et me voilà candidat aux législatives.

WUD. Que disent tes co-internes de cet engagement plutôt atypique ?

MG. C’est un sujet qu’on aborde assez souvent, même si les internes sont traditionnellement peu encartés. Je n’ai pas honte de mon engagement, au contraire, je suis fier de leur dire que je suis militant, adhérent et candidat. Il y a une part de surprise chez ceux à qui j’en parle. Mais ensuite, la plupart sont plutôt fiers de voir que quelqu’un qui est proche d'eux se lance dans une aventure comme celle-là. Souvent, ils me demandent pourquoi j’ai choisi l’UPR, ce qui nous fait rentrer dans des discussions complexes !

WUD. Justement, pourquoi l’UPR ?

MG. C’est le seul parti qui correspond aux valeurs que je veux défendre. Sur la santé, par exemple, nous proposons l’inscription de la Sécurité sociale dans la Constitution. Cela permettrait de garantir l’égalité des citoyens face aux soins. De manière plus générale, aujourd’hui, l’Union européenne promeut une logique capitaliste qui favorise les délocalisations, la libéralisation, la privatisation. L’UPR s’y oppose clairement.

WUD. Toi député, tu défendras particulièrement les intérêts des médecins ?

MG. Pas du tout. Je ne sais pas si je fais bien de dire cela dans vos colonnes, mais je prends la défense du citoyen français, pas celle d’un certain milieu. Le statut du médecin est en péril, c’est sûr, mais il reste bien plus favorable que celui d’agriculteur ou d’ouvrier, par exemple.

WUD. Comment vois-tu ton avenir en politique ?

MG. Le jour où les idées de l’UPR seront enfin entendues, j’arrête. Je n’ai jamais voulu faire de politique, je ne fais pas partie de ce milieu.    

Source: 

Adrien Renaud

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