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Un outil pensé pour lever un malentendu persistant
Le point de départ d’honoraires.app est volontairement simple : le tarif de remboursement de l’Assurance maladie n’est pas le prix du soin. Il s’agit d’une base administrative, fixée par convention, largement décorrélée de la réalité économique d’un acte médical.
Ce glissement sémantique — tarif Sécu = prix — nourrit depuis des années incompréhensions, tensions et soupçons autour des honoraires médicaux, en particulier chez les patients confrontés à un reste à charge.
Le site s’adresse donc d’abord au grand public, mais avec un objectif clair : expliquer, chiffres à l’appui, ce que couvre (et surtout ce que ne couvre pas) la base de remboursement. Inflation, charges de cabinet, matériel, temps médical, responsabilités médico-légales : autant d’éléments absents du tarif opposable, mais bien présents dans la réalité du soin.
Des comparaisons simples, issues de données publiques
L’un des intérêts majeurs du site réside dans ses visualisations. Pour un acte donné, honoraires.app met en regard l’évolution du tarif Sécu avec celle de l’inflation ou des coûts réels sur plusieurs décennies. Le constat est sans surprise pour les médecins, mais souvent inédit pour les patients : les tarifs administratifs ont stagné, voire reculé en euros constants, tandis que les charges ont augmenté.
Le message est martelé sans détour : « Ne confondez pas le montant de l’aide avec le coût du soin ». Une formulation pédagogique, qui permet de repositionner les honoraires non comme un abus, mais comme un ajustement rendu nécessaire par un système figé.

Graphique concernant la péridurale

Graphique concernant la coronarographie
Pour imager, il est possible de générer un graphique. Ci-dessus, nous pouvons « regarder comment le coût de la vie (en vert) et les tarifs des Mutuelles (en jaune) s'envolent, pendant que la Base Sécu (en bleu) reste clouée au sol. »
Ici, vous pouvez constater que le tarif de base pour réaliser une péridurale n’a pas évolué entre 2005 et 2026. Tandis que celui pour une coronarographie a même baissé.
Un des médecins fondateurs, souhaitant conserver son anonymat, souhaite préciser une chose : « les français n’en ont pas pour leur argent avec leur mutuelle. Elles gagnent deux fois : sur l’augmentation des cotisations et sur la non-revalorisation de la base de remboursement. »
Le « bêtisier » de la tarification, ou quand la CCAM devient absurde
La page « Aberrations » — explicitement présentée comme un bêtisier — constitue sans doute la partie la plus parlante. Elle recense des situations bien connues : règles d’association d’actes aboutissant à des gestes non rémunérés, « troisième acte gratuit », forfaits écrasant la technicité ou le risque, incohérences entre actes simples et actes lourds.
Ces exemples ne sont pas là pour dénoncer un cas particulier, mais pour montrer la logique globale : un système de tarification conçu pour une médecine d’hier, appliqué à une médecine d’aujourd’hui. Là encore, le site invite les praticiens à contribuer, en envoyant leurs propres situations.
Un site à montrer en consultation
L’intérêt d’honoraires.app, pour un médecin, n’est pas tant d’y apprendre quelque chose que de disposer d’un support neutre pour expliquer. Montrer une courbe, un exemple concret, un cas absurde permet souvent de désamorcer une discussion délicate sur les honoraires.
Le site ne plaide pas pour une généralisation des dépassements, ni pour une dérégulation. Il pose une question simple : peut-on continuer à appeler « dépassement » ce qui n’est en réalité qu’un complément nécessaire à la viabilité du soin ?
Honoraires.app est édité par un collectif de médecins libéraux.
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