« Mon métier me permet de relativiser » : Yann Schrub, médecin et nouveau médaillé mondial

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À 30 ans, Yann Schrub a décroché ce week-end la médaille de bronze sur 3 000 m aux championnats du monde en salle à Torun (Pologne), offrant à la France sa première médaille dans la compétition. Une performance majeure pour ce médecin du sport mosellan, dont la trajectoire atypique interroge autant qu’elle inspire.

« Mon métier me permet de relativiser » : Yann Schrub, médecin et nouveau médaillé mondial

Yann Schrub, médecine et champion.

© Capture

Rien ne prédestinait Yann Schrub à monter sur le podium du 3 000 m en salle. Spécialiste des longues distances, vice-champion d’Europe du 10 000 m, il n’avait initialement pas prévu de participer à ces Mondiaux. Mais fort d’un hiver exceptionnel — record de France du 3 000 m (7:29.32) et record d’Europe du 10 km sur route (26:43) — il a finalement tenté sa chance.

Le pari s’est transformé en coup d’éclat. Dans une course dense, dominée par deux références mondiales du demi-fond, le Britannique Josh Kerr (7:35.56) et l’Américain Cole Hocker (7:35.70), Schrub s’est accroché jusqu’au bout pour arracher le bronze en 7:35.71, pour un centième de seconde.

Avant la course, il affichait clairement ses ambitions : « J’ai tout à gagner […] je dois m’accrocher jusqu’au bout, je ne dois pas avoir peur des Josh Kerr, des Cole Hocker ». Sur la piste, il a confirmé qu’il appartenait désormais à ce niveau.

Médecin et athlète de haut niveau : une double vie assumée

La singularité de Yann Schrub tient autant à ses performances qu’à son parcours. À côté de sa carrière sportive, il a mené de front neuf années d’études de médecine, jusqu’à devenir médecin du sport.

Ce double engagement se traduit concrètement dans son quotidien. « Ce matin, j’étais en médecine générale, cet après-midi, en médecine du sport. J’ai vu une vingtaine de patients », racontait-il en novembre dernier au Parisien à quelques jours du championnat du monde.

Loin d’être un frein, cette activité médicale structure son approche du sport. « Mon métier me permet de garder cette légèreté dans le sport », explique-t-il. Le contact avec les patients, notamment en soins palliatifs, agit comme un rappel constant : « Je ne peux pas m’apitoyer […] je fais du sport pour vivre des émotions, je n’ai pas le droit de me plaindre ».

Un équilibre revendiqué, loin du modèle du sportif à plein temps.

Changer de paradigme : performance et plaisir

Après une période marquée par la pression des Jeux olympiques, pour lesquels il avait dû prendre deux années de césure, Yann Schrub revendique un repositionnement. « Le sport était devenu le centre de ma vie, je me mettais une pression pas possible […] le côté plaisir n’était pratiquement plus là ».

Aujourd’hui, il assume une autre philosophie : « Je veux être un athlète amateur qui s’amuse, tout en étant professionnel ».

Ce rapport au sport, nourri par son activité médicale, se traduit par une forme de détachement. « Je suis en bonne santé […] pourquoi je me lamenterais sur une course ou un entraînement que j’ai loupé ? ».

Une posture rare à ce niveau de performance, mais qui semble aujourd’hui porter ses fruits.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/yann-schrub-il-soutient-sa-these-de-medecine-generale-avant-de-courir-les-10-000-metres-aux

Une progression fulgurante

La médaille mondiale vient couronner une progression constante. Double médaillé européen sur 10 000 m (bronze en 2022, argent en 2024), Schrub franchit désormais un cap sur la scène internationale.

Son hiver 2025-2026 est déjà exceptionnel : record de France, record d’Europe, et désormais médaille mondiale. Une dynamique qu’il assume pleinement : « Je ne me cache plus […] on va essayer le record du monde ».

Source:

Le Parisien - Sport.fr - AFP
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