Lariboisière : la patiente « oubliée » est décédée d’un œdème pulmonaire

Couloir sombre

Le récent décès d’une femme de 55 ans aux urgences de Lariboisière (AP-HP) a mis en lumière la situation délicate des urgences parisiennes. D’après un premier rapport d’autopsie, la patiente serait décédée d’un œdème pulmonaire.
 

Le mardi 18 décembre 2018 à 6 heures du matin, une patiente de 55 ans a été découverte morte sur un brancard dans les couloirs des urgences de Lariboisière (AP-HP), près de douze heures après son arrivée dans le service. Un accident au retentissement immédiat, qui a donné lieu à une plainte de la famille et à un rapport de l’AP-HP sur les circonstances.

On en sait désormais plus sur les causes de la mort, le rapport d’autopsie ayant filtré dans la presse. D’après APMNews, qui cite « une source proche du dossier »,  la patiente serait décédée « d'une défaillance respiratoire aiguë secondaire à un œdème pulmonaire et d'adénopathies péri-carénaires, dans un contexte d'érythème diffus des téguments pouvant faire évoquer une cause septique ». Autrement dit, d’un œdème pulmonaire d’origine infectieuse.

Dans un communiqué, l’AP-HP a tenu a rappeler que le rapport d’autopsie n’était pas définitif (un contre-rapport peut être commandé), « personne ne peut tirer de conclusion ou d’interprétation ». Personne sauf l’avocat de la famille, qui incrimine une possible erreur d’aiguillage. La patiente se plaignait de violents maux de tête et de douleurs aux jambes, mais d’après Le Monde la fiche IAO ne mentionnerait que ce dernier symptôme.

Des dysfonctionnements en série

La mission d’enquête diligentée par l’administration avait révélé l’existence de nombreux « dysfonctionnements en série » dans le service, dont un sous-effectif chronique et une organisation inadaptée du circuit court. En bref, le plus gros service d’urgences de l’AP-HP serait, comme d’ailleurs la plupart des services d’urgences parisiens en cas de pic d’affluence, dans un état de « bordel innommable».

L’enquête a également établi que la patiente, déposée à 18h17 par les pompiers et évaluée à un niveau 3, n’avait pas été enregistrée à son nom et n’avait pas fait l’objet d’une surveillance appropriée. Vue deux fois par une infirmière, à 19h puis 21h, elle avait été appelée vers minuit pour être examinée par un médecin. En l’absence de réponse, elle avait fini par être déclarée « en fugue » vers 1h du matin. Cinq heures avant sa découverte.
 

Portrait de Yvan Pandelé

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