L’allergo entre dans la cour des grands

^O Joie, ô bonheur !

Plusieurs nouvelles spécialités ont été créées par la réforme du troisième cycle, qui entrera en vigueur à la rentrée 2017. Parmi elles, l’allergologie. Petit point avant le saut dans le grand bain.

Ça y est, l’allergo est une spé à part entière ! Trente lauréats des ECNi pourront la choisir dès la rentrée 2017, dans le cadre d’un co-DES mis sur pied avec la médecine interne et l’infectiologie. Il ne s’agissait jusqu’alors que d’une surspécialité ouverte à des généralistes ou à certains spécialistes d’organes (pneumo, pédiatres, dermatos, ORL…). D’où la satisfaction des allergologues.

« Il a fallu batailler pour l’avoir, l’allergologie n’était pas dans la première mouture de la réforme du troisième cycle », se souvient le Pr Antoine Magnan, président de la Société française d’allergologie et chef du service de pneumologie du CHU de Nantes. Pour justifier la création de la filiarisation, celui-ci met en avant des facteurs épidémiologiques. « Alors que la prévalence des allergies augmente, il faut une spécialité capable de prendre en compte toute la complexité du sujet », estime-t-il.

Petit pas pour l’allergo, grand pas pour l’humanité

« Nous allons avoir une meilleure formation théorique et pratique, et on va pouvoir se développer sur le plan académique », se réjouit de son côté le Dr Sarah Saf, présidente de l’Association française des jeunes allergologues de France.

La jeune praticienne considère que la réforme va permettre à la France de rattraper un certain retard. « Nous faisons partie des derniers pays en Europe à ne pas reconnaître l’allergologie », indique-t-elle. « À l’étranger, on peut depuis longtemps faire une carrière universitaire dans cette discipline. »

Et en pratique, ça se passe comment ?

Le principal chantier à venir reste celui des terrains de stage. En effet, il n’existe pour l’instant pas de véritable service d’allergologie dans les CHU, ce qui compliquera les procédures d’agrément. Idem pour les allergologues libéraux, pour l’instant non agréés. « Mais ils sont très volontaires, ils ont besoin de successeurs », assure Antoine Magnan.

Autre sujet d’inquiétude, pointé par Sarah Saf : la cohabitation avec les autres spés du co-DES : médecine interne et infectiologie. « Ça risque de boucher au sein des stages en CHU, notamment dans la première phase du DES », prévoit la jeune allergologue. « Il faudra donc faire notre trou intelligemment et en douceur. » La praticienne est optimiste à ce sujet. « La cohabitation se passe très bien, nous sommes en bons termes », assure-t-elle.

Engagez-vous, engagez-vous !

Sarah Saf n’hésite d’ailleurs pas à faire la promo de sa spé pour inciter les futurs internes à la choisir à la rentrée prochaine. « C’est une spé qui gagne à être connue », explique-t-elle. « Ça bouge au niveau de la recherche, il y a une grosse connotation internationale… ».

Antoine Magnan est sur la même longueur d’onde. « C’est attractif pour un futur praticien qui a envie de faire une spé multi-organe », précise-t-il. « Et puis, il y a beaucoup de malades, donc aucun souci de débouchés. » S’il existe un bémol, il est d’ordre financier, car d’autres spés offrent des perspectives plus juteuses aux futurs médecins. « Je ne peux pas dire que l’allergo paie autant que les coronarographies », sourit le PU-PH.

Source: 

Adrien Renaud

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