L'Académie des César remet une pièce dans la machine

Sidérante cérémonie des César en perspective, au cours de laquelle se croiseront peut-être les victimes du père Preynat, ou du moins leurs interprètes, et Roman Polanski. Où Adèle Haenel sera peut-être célébrée aux côtés du réalisateur en cavale. Ce buzz logique et prévisible peut-il aboutir à des débats bénéfiques et résoudre enfin des contradictions de plus en plus intenables? On a le droit, et même le devoir, de rêver...

Film d'époque bien réalisé, abordant avec talent et conviction une thématique toujours actuelle, il est logique que "J'Accuse" récolte tant de César - les films historiques en costumes glanent toujours un maximum de César dits techniques. Il n'empêche: 12 nominations pour le film de Polanski, soit le record de cette moisson 2020 constitue le coup de trop, probablement.

Evidemment, le nombre de nominations ne compte pas. Au bout du compte importeront juste les récompenses, et il est peu probable que les votants s'aventurent à risquer de paraître comme complices d'un système si contesté, et au sein duquel le changement n'a jamais paru aussi nécessaire et imminent...

On peut espérer qu'en couronnant un film comme "Grâce à Dieu", numéro 2 dans notre classement de l'année, le monde du cinéma français réussisse à montrer qu'il est possible de concilier talent et éthique. C'est donc bien entendu le film de François Ozon qui est notre favori pour cette cérémonie à venir.

Réjouissons-nous également que tant de films de revendications, de contestation, bref de prise de position dans un climat sociétal brûlant, se retrouvent si bien placés dans les pronostics : des films comme "Les Misérables", "Portrait de la jeune fille en feu", "Grâce à Dieu", "Les Eblouis"...méritent leur place dans cette compétition. On pourra regretter le peu de cas fait au film "Au nom de la Terre", et en particulier l'injustice réservée à Guillaume Canet, tout comme l'absence de certains films prometteurs et remarquables, en particulier les "Deux frères" de Felix Moati. Mais c'est le jeu, ma pauvre Lucette...

Portrait de Guillaume de la Chapelle

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