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« Au regard de la gravité des faits allégués, de la vulnérabilité particulière de la victime, ainsi que des interrogations soulevées quant aux conditions d'encadrement et de sécurité au sein de l'établissement, je vous saisis en application de l'article 40 du code de procédure pénale », a écrit Stéphanie Rist dans un courrier adressé mercredi à la procureure de la République et consulté par l'AFP.
Un adolescent, au moins deux victimes
Dans une vidéo diffusée mardi soir sur X, un jeune est violemment frappé à la tête à plusieurs reprises, alors qu'il est à terre, par un autre adolescent. La scène s'est déroulée « en présence d'au moins deux autres adolescents qui ont filmé la scène », selon la ministre.
L'article 40 du code de procédure pénale oblige « tout officier public qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit » à saisir « sans délai » la justice.
Un adolescent est soupçonné d'avoir « commis des violences samedi sur un mineur et d'autres violences sur un autre mineur dimanche », a déclaré mercredi à l'AFP la procureure de Châlons-en-Champagne, Annick Browne. Le suspect « a été placé en garde à vue dimanche pour ces deux faits », mesure achevée mardi après 48 heures.
Il sera jugé la première semaine de mars devant le tribunal pour enfants pour des violences ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) d'un jour pour les premiers faits et de deux jours pour les seconds, a précisé la procureure.
Il « n'a aucun antécédent judiciaire » pour des faits de violences. Il a été placé dans un autre foyer, « en attendant une place au pénal », structure d'accueil pour les mineurs ayant commis des actes de délinquance, a ajouté Annick Browne.
Crise persistante à l’Ase
Cette situation « met en lumière les difficultés structurelles rencontrées dans la prise en charge des mineurs présentant des comportements violents », regrette dans un communiqué le président du département de la Marne, Jean-Marc Roze (divers droite).
Selon le département, 14 adolescents sont actuellement accueillis au foyer de Châlons-en-Champagne et 10 d'entre eux « nécessitent un suivi psychiatrique lourd, insuffisamment mis en oeuvre, faute de moyens de la pédopsychiatrie ».
Depuis plusieurs années, les cris d'alarme se succèdent sur l'état de l'Ase (ex-Ddass), un service départemental confronté à un manque de budget, une pénurie de professionnels, un épuisement des acteurs de terrain et une justice saturée.
Tout en reconnaissant les défaillances du système actuel, gouvernement et départements se renvoient régulièrement la balle, les seconds estimant ne plus être en capacité de remplir leur mission, compte tenu notamment des coupes budgétaires.
Selon le dernier bilan officiel, 384 900 jeunes sont suivis par la protection de l'enfance en France, dont 221 000 dans un établissement de l'Ase.
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