Enfin un parcours santé digne de ce nom pour les milliers de jeunes de l'ASE

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Les 380 000 jeunes suivis par l'Aide sociale à l'Enfance (ASE) bénéficieront d'un « parcours » spécifique et « renforcé » de santé, incluant le remboursement de soins en santé mentale, a annoncé hier le ministère de la Santé et des Familles. Un dispositif demandé de longue date par les professionnels du secteur. 

Enfin un parcours santé digne de ce nom pour les milliers de jeunes de l'ASE

© Midjourney x What's up Doc

 

« Nous ne pouvons plus accepter que les enfants protégés connaissent des difficultés spécifiques de santé, notamment mentale, qui réduisent leur espérance de vie », déclare à l'AFP Stéphanie Rist, qui rencontrera mercredi soir des acteurs de l'ASE à Porchefontaine (Yvelines) à la veille de la Journée internationale des Droits de l'enfant.

Ces jeunes, souvent victimes de multitraumas précoces, présentent davantage de troubles physiques et psychiques. Ils représentent la moitié des hospitalisations complètes en pédopsychiatrie, selon le gouvernement. Et selon les professionnels, un quart des jeunes suivis par l'ASE sont en situation de handicap.

Le « parcours coordonné renforcé Enfance protégée », inspiré des expérimentations Pégase et Santé protégée, sera généralisé par arrêté en janvier, précise le cabinet de Stéphanie Rist. Il concernera les mineurs placés ou suivis dans leurs familles, ainsi que les jeunes majeurs issus de l'ASE jusqu'à 21 ans.

Rattraper les retards de développement, prolonger l'espérance de vie

« Chaque enfant protégé aura un bilan de santé complet » dès sa prise en charge par la Protection de l'Enfance, « un accès à des soins de santé mentale, un suivi continu et un accompagnement sans rupture », promet la ministre. Une mesure demandée de longue date par le secteur, incarné par la Pr Céline Greco, pédiatre et médecin de de la douleur à Necker

Le suivi sera assuré par des « plateformes départementales » chargées de coordonner les soins grâce à un financement dédié, qui seront mises en place progressivement à partir de 2026, selon le ministère.

Le plan prévoit également le « remboursement d'interventions » en santé mentale (psychologues, psychomotriciens, ergothérapeutes), actuellement peu prises en charge par l'Assurance maladie pour la population générale. Car, souvent confrontés à des ruptures de placements, ces jeunes souffrent d'un suivi sanitaire fragmenté.

Alors que la mise en place des plateformes s'étalera sur cinq ans, le coût du dispositif est évalué par le gouvernement à 100 millions d'euros à terme.

Les expérimentations ont montré que chez les 0-3 ans ce dispositif leur permettait de rattraper 80% des retards de développement, précise le cabinet de la ministre.

« Nous mettons fin à l’errance sanitaire, nous structurons une prise en charge cohérente (...) et nous donnons aux professionnels les moyens d’assurer cette continuité », promet la ministre.

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Selon un rapport parlementaire publié en avril, les jeunes de l'ASE ont une espérance de vie inférieure de 20 ans aux autres jeunes.

Avec AFP

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