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Quelle fac choisir pour faire médecine ? La question obsède chaque année les lycéens, leurs parents, les étudiants en réorientation et, plus largement, tous ceux qui tentent de comprendre un système devenu presque illisible. Depuis la réforme de la première année commune aux études de santé, le choix ne se résume plus à « faire médecine » : il faut arbitrer entre PASS, LAS, parfois LSPS, et des universités dont les taux d’accès, les profils d’étudiants et les modalités d’évaluation varient fortement.
C’est précisément l’intérêt du travail mené par Le Nouvel Obs. Le journal ne se contente pas de comparer les réputations des facultés. Il cherche à mesurer leur « efficacité », c’est-à-dire leur capacité à permettre à des étudiants d’accéder à la deuxième année de santé, tout en tenant compte du niveau académique des promotions entrantes. Car un taux de réussite élevé n’a pas la même signification dans une faculté où se concentrent beaucoup de bacheliers mention très bien que dans une université où le profil scolaire des admis est plus hétérogène.
Le classement global : la Catho Lille en tête
Au classement global des facultés de santé, l’Université catholique de Lille arrive en première position. Elle affiche 528 places, accepte 86 % des dossiers sur Parcoursup, compte 15,9 % de mentions très bien parmi ses admis et obtient un taux de réussite en deuxième année MMOP de 40,5 %. Son indice d’efficacité calculé par Le Nouvel Obs atteint 54,1.
Le top 5 du classement global :
- Catho Lille
528 places, 86 % de dossiers acceptés, 15,9 % de mentions très bien,
40,5 % de réussite en deuxième année MMOP, indice 54,1. - Clermont-Auvergne
960 places, 54 % de dossiers acceptés, 19,7 % de mentions très bien,
44,9 % de réussite, indice 52,5. - Reims Champagne-Ardenne
928 places, 65 % de dossiers acceptés, 15,6 % de mentions très bien,
43,1 % de réussite, indice 52,5. - Lorraine, Nancy
1 032 places, 37 % de dossiers acceptés, 33,7 % de mentions très bien,
58,5 % de réussite, indice 49,9. - Caen-Normandie
990 places, 58 % de dossiers acceptés, 20,1 % de mentions très bien,
41 % de réussite, indice 49,4.
Le classement confirme une tendance déjà observée : les métropoles moyennes tirent leur épingle du jeu. Clermont, Reims, Nancy, Caen ou Dijon apparaissent bien placées, loin de l’idée selon laquelle les grandes métropoles universitaires seraient automatiquement les meilleurs choix. À l’inverse, plusieurs facultés très attractives ou prestigieuses sont pénalisées par une concurrence plus forte à l’entrée et par une concentration importante de très bons dossiers.
Dans le bas du classement global, on retrouve notamment Aix-Marseille, Paris-Cité et Lille. Attention, il s’agit ici de l’Université de Lille, à ne pas confondre avec l’Université catholique de Lille, première du classement global.
PASS : la Polynésie française devant la Catho Lille et Reims
Si l’on regarde uniquement la filière PASS, le classement change. La première place revient à la Polynésie française, avec 100 places, 53 % de dossiers acceptés, 19,8 % de mentions très bien et 38 % de réussite en deuxième année MMOP. L’indice d’efficacité atteint 47,5.
Le top 5 des PASS :
- Polynésie française
100 places, 53 % de dossiers acceptés, 19,8 % de mentions très bien,
38 % de réussite, indice 47,5. - Catho Lille
528 places, 86 % de dossiers acceptés, 15,9 % de mentions très bien,
25,5 % de réussite, indice 45,2. - Reims Champagne-Ardenne
928 places, 65 % de dossiers acceptés, 15,6 % de mentions très bien,
30 % de réussite, indice 45. - Clermont-Auvergne
560 places, 35 % de dossiers acceptés, 25,2 % de mentions très bien,
36 % de réussite, indice 43,2. - Lyon-1 Claude-Bernard
1 725 places, 27 % de dossiers acceptés, 27,8 % de mentions très bien,
36,5 % de réussite, indice 41,9.
La leçon est simple : choisir un PASS dans une grande faculté très demandée n’est pas nécessairement le meilleur calcul. Paris-Cité, dernière du classement PASS, compte 1 820 places, mais seulement 25 % de dossiers acceptés et 47,6 % de mentions très bien parmi les admis. Autrement dit, le niveau de concurrence y est extrêmement élevé.
LAS 1 : Guyane, Limoges et Nancy en tête
Le classement LAS 1 montre un paysage encore différent. La Guyane arrive première, avec 20 places, 49 % de dossiers acceptés, 5,6 % de mentions très bien et 30 % de réussite en deuxième année MMOP. Elle obtient un indice d’efficacité de 51,9.
Le top 5 des LAS 1 :
- Guyane
20 places, 49 % de dossiers acceptés, 5,6 % de mentions très bien,
30 % de réussite, indice 51,9. - Limoges
313 places, 80 % de dossiers acceptés, 2,9 % de mentions très bien,
19,1 % de réussite, indice 50,6. - Lorraine, Nancy
232 places, 48,5 % de dossiers acceptés, 17,4 % de mentions très bien,
39,5 % de réussite, indice 48,9. - Angers
455 places, 75,9 % de dossiers acceptés, 3,6 % de mentions très bien,
16,8 % de réussite, indice 48,2. - Bourgogne, Dijon
246 places, 61,4 % de dossiers acceptés, 8 % de mentions très bien,
23 % de réussite, indice 48,1.
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/adieu-le-passlas-bonjour-la-nouvelle-licence-orientee-sante
La LAS ne doit donc pas être considérée comme une voie secondaire par défaut. Dans certaines universités, elle offre des taux de passage très compétitifs. Mais Le Nouvel Obs appelle aussi à la prudence : les taux LAS sont des taux « bruts ». Ils peuvent donner une image imparfaite des chances réelles, car une partie des étudiants renonce en cours d’année à présenter sa candidature en deuxième année MMOP.
Ce que révèle surtout ce classement, c’est que les réputations ne suffisent pas. Les grandes facultés, les villes les plus demandées et les établissements les plus connus ne sont pas toujours les endroits où les chances statistiques sont les meilleures. À l’inverse, des universités moins attendues, souvent situées dans des métropoles moyennes ou en outre-mer, apparaissent très bien placées.
Pour les futurs étudiants, le bon réflexe est donc de ne pas choisir uniquement une ville ou un nom. Il faut comparer les filières, les taux de réussite, la sélectivité, le niveau des admis et la réalité du parcours proposé. En médecine, le prestige d’une fac ne garantit pas l’accès à la deuxième année. Parfois, il le rend même plus difficile.