"La médecine vasculaire est une nouvelle spé, il y a tout à faire", pour Ysé Moreau

Dans l'optique du choix des spé et des établissements suite aux #ECNi2020, WUD lance une série d'entretiens avec des responsables de syndicats d'internes, pour vous faire découvrir les différents DES et régions qui s'offrent à vous. Aujourd'hui, entretien avec Ysé Moreau, présidente de l'association des internes en médecine vasculaire (AFIMV), qui défend un DES où les chemins ne sont pas encore tracés.

What’s up doc. Pourquoi tu kiff ta spé?

Ysé Moreau. C’est une spé ultra transversale. On prend le patient dans sa globalité, avec tout ce qui est prise en charge des artères avec les artériopathies, tous les facteurs cardio-vasculaires, les prises en charge des plaies. Mais il y a aussi tout ce qui est maladie thrombo-embolique veineuse, le diagnostic, le traitement, la gestion des anticoagulants. Et puis tout ce qui est phlébologie. Oui, les varices ça fait pas rêver, mais c’est la partie de la spé où il y a beaucoup beaucoup de gestes, avec des nouvelles techniques comme le laser endoveineux, la radiofréquence et la sclérothérapie. Et pour tous ceux qui sont adeptes de Dr House, il y a toute la partie vascularite et sclérodermie pour le côté un peu plus médecine interne. Après il y a tout ce qui est échographie, qui est quand même au centre de la spécialité, y’a pas à dire c’est un super examen, qui est extrêmement varié et très accessible. C’est une nouvelle spécialité, donc il y a tout à faire. Il y a encore une certaine liberté sur la maquette et les chemins ne sont pas encore totalement tracés je dirais. Donc aux futurs internes de les créer !

Pour tous ceux qui sont adeptes de Dr House, il y a toute la partie vascularite et sclérodermie

WUD. Ta spé, elle est plutôt glow up ou glow down?

Y. M. Up ! De toutes les nouvelles spé, elle fait quand même partie de celle où toutes les places partent assez vite et avec des classements meilleurs chaque année. Après, il nous manque encore un peu de visibilité pour les futurs internes qui ne connaissent pas forcément la spécialité. Mais on y travaille avec l’asso, en particulier avec le site Internet qu’on a créé cette année.

WUD. Un petit conseil à donner aux futurs internes en médecine vasculaire?

Y. M. Je dirais : profitez de vos vacances ! On a largement le temps d’apprendre sa spé pendant l’internat. D’un point de vue personnel, j’ai commencé avec un stage en périphérie. C’est peut-être un peu plus calme, et ça permet d’acquérir de bons réflexes et de l’autonomie pour arriver au Chu, où c’est un peu plus intense.

WUD. Parlons avantages...

Y. M. Tout ce qui est transversalité. En stage on peut aller en radiologie vasculaire, en endocrino, en médecine interne, en chirurgie vasculaire et j’en passe. Il y a tout ce qui est qualité de vie quand même, on a une spé sans vraie urgence médicale. Les phlébites, nous, on les verra le lendemain matin après la piqûre de lovenox. Et par la richesse de notre activité, avec tous les actes. Et puis tout ça il faut l’avouer, ça permet d’avoir un salaire tout à fait acceptable, et du coup une bonne qualité de vie. Et puis la dernière chose, c’est la possibilité de pouvoir travailler dans le privé comme dans le public, avec des postes dans toute la France. 

WUD. Et les inconvénients ?

Y. M. Alors je dirais que c’est pas forcément un inconvénient, mais il y a tout un travail autour de la formation. Tout ce qui est phlébologie, insuffisance veineuse qui sont encore trop peu développées pendant l’internat en Chu. Mais on compense avec le compagnonnage, puis on travaille à développer des choses avec le corps enseignant, pour qu’on puisse se former à cette partie de la spécialité. Et puis une formation qui n’est pas égale dans toutes les villes de France on va dire. Il y a souvent la possibilité de faire un inter-Chu. Après… à voir si faire un inter-Chu pendant six mois dans une autre ville c’est vraiment un inconvénient. 

On compense avec le compagnonnage

WUD. Un cliché, une anecdote à nous raconter sur ta spé ?

Y. M. Au début, l’insuffisance veineuse ça m’intéressait pas trop. Traiter des petites vieilles en cabinet c’était pas trop la folie. Mais avec l’évolution des pratiques, ça devient super fun, surtout avec le laser et la radio fréquence. Après, on nous appelle souvent les "doppleristes", mais c’est qu’une petite partie de notre travail, donc ça c’est réducteur, on sait faire d’autres choses. 

Portrait de Mélanie Philips

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