La FHP demande sa part du service public

Interrogés par la FHP dans la cadre du Grand débat national, les directeurs des hôpitaux et cliniques privés souhaitent participer davantage aux missions de service public.
 

« 91% des hôpitaux et cliniques privés seraient prêts à assumer davantage de missions de service public, et 87% considèrent qu’ils remplissent un rôle important au service de nos concitoyens », clame haut et fort Lamine Gharbi, le président de la FHP (Fédération hospitalière de France) dans un communiqué publié le 18 mars.
 
Dans le cadre du grand débat national, la fédération a donné la parole aux directeurs d’hôpitaux et de cliniques privés, lors d’une consultation en ligne ouverte du 31 janvier au 28 février dernier sur les sujets suivants : organisation de l’État et du service au public, dépenses publiques, vie citoyenne et écologie. Le ver était donc déjà dans le fruit.
 
Premier résultat en guise de mise en bouche : les interlocuteurs interrogés désirent une simplification des démarches administratives face à l’empilement des procédures. 81,8 % d’entre eux déclarent avoir renoncé à un projet pour cause de démarches administratives complexes.
 
Mais la revendication qui semble revêtir le plus d’importance aux yeux des directeurs d’hôpitaux et de cliniques privés est la suivante : « permettre aux établissements de tous statuts d’assurer des missions de service public ». 91 % d'entre eux seraient prêts à assumer davantage de missions de service public. Une belle marque de dévouement.

Plus de clivages obsolètes fondés sur les statuts
 

Les établissements privés considèrent en effet qu’ils pourraient « utilement soulager des services d’urgences publics surchargés, développer la prévention ou encore participer davantage aux missions de formation des professionnels de santé si les pouvoirs publics les y autorisaient. Notre époque ne s’accommode plus de clivages obsolètes fondés sur les statuts. »
 
La loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires » (HPST), qui date de 2009, est passée par là… Puisqu’elle a permis aux établissements de santé privés d’assurer des missions de service public, même si la loi Touraine a restreint l'accès des cliniques au service public hospitalier. On comprend donc tout à fait que les établissements privés essayent de s’engouffrer dans la brèche.
 
Pour enfoncer le clou, voire la brèche, les directeurs d’établissements interrogés voudraient renforcer le rôle social et sociétal des établissements privés au sein des territoires : 86,8 % d’entre eux jugent que leur « établissement a un rôle citoyen dans leur territoire »
 
Selon eux, il faudrait aussi associer davantage les établissements privés à la prise de décision des pouvoirs publics dont ils attendent « une réelle écoute ». 86,8 % souhaiteraient « être davantage associés aux décisions économiques et sociales prises par les pouvoirs publics au niveau territorial ».
 
Enfin, parce qu’il n’y a pas que le service public qui compte dans la vie des établissements privés, les directeurs d’établissements désirent sanctuariser le budget hospitalier. Selon eux, « le système de santé est basé sur des tarifs qui ne correspondent plus aux coûts réels de la prise en charge ». 89 % estiment que la rémunération par l'Assurance Maladie Obligatoire des prestations de soins de leur établissement ne couvre pas leurs coûts, tandis que 94,5 % pensent que l'utilisation des fonds publics en santé n’est pas suffisamment transparente.
 
Et, pour tous ceux qui auraient encore 30 secondes de leur temps à perdre, sachez que 91 % « reconnaissent les enjeux environnementaux comme une préoccupation dans leur activité professionnelle ». Ça vous en bouche un coin, n’est-ce pas ?
 

Portrait de Julien Moschetti

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