La fac de médecine est-elle déconnectée de la réalité (entrepreneuriale) ?

Le Dr Jean-Paul Ortiz nous donne sa version des faits

Ah les petites joies du libéral ! Ah l’URSSAF et ses déclarations ! Souvenons-nous du jour où nous avons rempli le formulaire "CFE" de création d’entreprise. Qui n’a pas eu ce sursaut ou cette gêne à s’approprier ce (gros) mot : EN-TRE-PRISE. Quoi, moi petit remplaçant, je suis en train de créer une entreprise ???

Quand je serai grand, je serai docteur

Le pompon, c’est qu’une fois les formalités remplies, notre soi-disant entreprise se retrouve sur le site societe.com. Ou chaque individu curieux de notre personne (= qui nous googlise) nous range dans la catégore "dirigeant" de la société qui porte notre nom. Effrayant ! Si cette expérience ne peut se généraliser, la question suivante peut tout de même se poser : sommes-nous des Bisounours du monde de l’entreprise ? Sans ambages, le Dr Jean-Paul Ortiz, président du CSMF, répond « oui ». Selon lui, c'est notre formation qui en serait responsable.

On nous avait menti ??

Très axées « recherche » et « enseignement », les facultés de médecine n'éduquent pas à la réalité « entrepreneuriale ». À tel point, que le mot "entreprise" nous fait sauter au plafond. Mais attention, qui dit "entreprise", ne dit pas soussous plein les poches. C’est « dans le sens entrepreneurial » que le président de la CSMF l'entend : « au sens le plus noble du terme » assure notre confrère. Ce dernier regrette que nos cours de médecine excluent, d’une part des notions pratiques d’économie et d’organisation, d’autre part une sensibilisation à la médecine libérale (par des séniors par exemple). Il s’en inquiète, même.

Médecin ET entrepreneur : même pas peur

Pour Jean-Paul Ortiz, l'entreprise que représente notre exercice libéral, offre une liberté d’action qui n’a d’égale : « il faut que les jeunes prennent la main, exhorte-t-il. Car le risque, c’est que les administratifs prennent le pouvoir ». À ceux qui hésitent de s’installer par crainte de payer trop de charges ou de se perdre dans les méandres de l’URSSAF, il suggère : de « prendre le volant » plutôt que de se laisser gouverner par des « bureaucrates ». Il s'explique : « le médecin est au centre du système de soins, il doit donc continuer à piloter le gouvernail ».

 

 

 

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What's up doc - publié par AP

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