Infirmier en pratique avancée : après l'espoir, la douche froide

La rémunération de l’infirmière en pratique avancée (IPA) proposée par l'assurance maladie déçoit. C'est le moins qu'on puisse dire. 

Après avoir publié en août dernier deux décrets et un arrêté qui élargissent à la psychiatrie la pratique infirmière avancée,  et étend ses prérogatives en matière de prescription, les infirmiers en pratique avancée font l’objet de nouvelles négociations. Autant la profession semblait satisfaite de l’élargissement de son statut, autant les négos qui ont trait à leur rémunération semble les désappointer.

C’est en tous les cas la tonalité d’un communiqué de presse de l’Union nationale des infirmiers en pratique avancée (Unipa), qui déplore une restriction de « l’activité des IPA libérales ! ». À noter que l’Unipa (120 adhérents), qui n’est pas considérée comme un syndicat représentatif, n’a pas pu participer aux négociations sur la rémunération des IPA libérales (contrairement à la FNI, Convergence infirmière et le Sniil), lesquelles se sont terminées le 27 août. Pour l’Unipa, l’avenant 7, issue de cette négociation, ne permet pas de financer « les compétences transversales  développées lors de la formation universitaire ». Et de citer le non-financement des activités de prévention, d’éducation, de dépistage, pourtant souhaitées par le législateur.  « La proposition d’un forfait de 4 heures annuelles par patient rend impossible la réalisation d’un suivi de qualité, incluant : entretien, examen clinique, réalisation d’examens complémentaires, analyse intégrant l’anamnèse, collaboration avec le médecin, réalisation du plan de soins pluriprofessionnels et coordination du parcours », explique l’Unipa. Ce forfait de quatre heures par patient et par an devrait être valorisé à hauteur de 156,90 euros bruts, hors majoration. L’assurance maladie a également proposé des aides forfaitaires d’un montant de 890 euros par an. 

Rémunération inférieure à une IDEL libérale

La rémunération proposée pour une fonction de grade master, est inférieure à celle des infirmiers libéraux, affirme l'Unipa.  « Comment accepter d’être payés moins avec 2 années d’études universitaires supplémentaires et des responsabilités élargies? », se demande l’Union. L’Unipa en appelle au gouvernement pour « permettre l’implantation du métier d’infirmier en pratique avancée en soins primaires dans toutes ses dimensions ».  Contacté par WUD, Tatiana Henriot, présidente de l'Unipa, fait part de sa déception : "L'assurance maladie table sur un brut annuel de 61 600 euros pour une IPA (en considérant une file active de 382 patients) contre 70 000 euros pour une IDEL. En fait, ils prennent le revenu moyen d'une IDEL en libéral, auquel ils soustraient les dimanche et jours fériés. Donc si notre taux horaire est un peu plus important que pour une IDEL (40 euros contre 36 euros), notre chiffre d'affaires est moins élevé." L'Unipa revendique pour les IPA un chiffre d'affaires compris entre 120 K euros et 140 K euros, soit un bénéfice net entre 60 000 et 80 000 euros. L'Unipa craint que la faiblesse des rémunérations proposées éloigne les infirmières de ce nouveau mode d'exercice. Pour ce qui est des IPA dans la fonction publique hospitalières, leur grille de salaire devrait être connue en octobre prochain. 

 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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