Grève des PH : Le mouvement prend du plomb dans l’aile

Jeudi dernier, le SNPHAR-E a appelé les professionnels de santé à cesser de se déclarer gréviste chaque lundi. En l’absence de dialogue social et en pleine crise sanitaire, le syndicat les enjoint à penser à leur santé, tout autant qu’à celle de leurs patients.
 

La grève illimitée, c’est terminé. Jeudi 11 février, la SPHAR-e, syndicat à l’origine de ce mouvement, a conseillé aux praticiens hospitaliers de rejoindre leurs postes. « À la lumière des ruptures itératives de dialogue social en 2020, le SNPHARE est contraint de constater que rien ne semble permettre le dialogue entre les praticiens et leur ministre. Compte tenu des circonstances, il cesse d’appeler les praticiens à se déclarer grévistes tous les lundis », a écrit le syndicat. Et Emmanuelle Durand, vice-présidente de la SNPHAR-e, de commenter : « Si on maintient le préavis de grève, nous n’appelons plus au mouvement tous les lundis ».
 
Pour rappel, cette manifestation d’ampleur a débuté le 11 janvier dernier. Soutenu par de nombreux syndicats et fédérations – comme l’APH, l’AMUF ou encore la SNJAR, ce mouvement de grève a fait de nombreux adeptes à l’hôpital. Anesthésistes-réanimateurs, urgentistes ou encore biologistes médicaux… De nombreuses spécialités y sont allées de leur voix pour dénoncer la fusion des trois premiers échelons de la grille d’ancienneté favorisant les primo-nommés au détriment de ceux déjà en poste.
 
Un mois après pourtant, ces dernières semblent chaque jour plus inaudibles dans le contexte pandémique. « Pour demander le dialogue social auprès du ministre, nous avons envoyé un référé. Comme il a été rejeté pour faute d’urgence, ça nous empêche d’avancer », indique le Dr Emmanuelle Durand. Sans oublier que les praticiens hospitaliers, mobilisés sur le front de la grève tout autant que celui de la crise sanitaire, sont épuisés.  « Pour les protéger, nous ne les appelons plus à se mobiliser. Ils sont fatigués, et nous devons nous occuper de nos patients ».
 
Une décision lourde de sens qui intervient après avoir multiplié les tentatives de dialogue social. « Malgré : une interpellation à de nombreuses reprises du ministère, le dépôt d’un recours en Conseil d’Etat contre le décret du 28 septembre 2020, le dépôt de milliers de recours gracieux auprès du Centre National de Gestion, bras armé du ministère pour « gérer » la carrière des PH, une enquête montrant que 80 % des PH étaient mécontents… aucune attention n’a été portée par le Ministre à cette injustice », énumère le syndicat dans son communiqué. Et la vice-présidente, dépitée, de s’indigner : « Ce n’est vraiment pas à l’honneur de notre gouvernement de nous laisser sans réponse ».
 
Si le syndicat appelle sur le front de la crise sanitaire, il n’a pour autant pas prévu de rendre les armes. « Tous ceux qui ont encore la force et le temps de se porter gréviste peuvent le faire. Ils sont encore couverts par le préavis », rappelle le Dr Emmanuelle Durand. Si le recours en Conseil d’État déposé par le SNPHARE est toujours en cours, ceux envoyés au tribunal administratif par des praticiens hospitaliers remontés le sont aussi. Un soutien durable qui permet à la vice-présidente d’affirmer d’une voix forte : « Si la crise sanitaire se termine enfin, on relancera la machine ».
 

Portrait de Julia Neuville

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