Google invente un dermatologue de poche

Souriez, votre peau est analysée. Dans le courant de l’année 2021, Google a annoncé lancer un projet pilote de dermatologue de poche. L’idée ? Permettre aux patients de réaliser une première analyse des lésions suspectes à l’aide de la caméra d’un smartphone !

Un dermatologue de poche, c’est pour bientôt. Lors de sa conférence I/O 2021 organisée du 18 au 20 mai, Google a annoncé le lancement prochain d’un outil permettant aux patients d’analyser leur épiderme à l’aide de la caméra de leur téléphone. Un petite révolution, censée être lancée expérimentalement en 2021, qui n’a pas vocation à remplacer le dermatologue. « L’outil n'est pas destiné (…) à se substituer à un avis médical, car de nombreuses affections nécessitent un examen par un clinicien (…) ou des tests supplémentaires comme une biopsie », rappelle Google dans un article partagé sur son blog.

En tout, l’outil serait déjà capable de reconnaître 288 affections présentes sur la peau, les cheveux et les ongles. Un large panel permis grâce à la prise de trois photos de la zone préoccupante, et d’une série de questions portant sur l’ancienneté du problème, le type de peau ou encore les symptômes. L’âge, le sexe ou encore l’origine ethnique sont également des critères pris en compte par l’application. « Pour chaque pathologie correspondante, l’outil affiche des informations vérifiées par des dermatologues et des réponses à des questions fréquemment posées, ainsi que des images similaires sur le web », ajoute le groupe, qui souligne que cet outil expérimental est l’aboutissement de trois ans de travail. « À ce jour, nous avons publié plusieurs articles évalués par des pairs qui valident notre modèle d'IA et d'autres sont en préparation », se félicite Google, qui par ailleurs vient d’obtenir le marquage CE en tant que dispositif médical de classe I en Europe.

Un outil novateur qui pourrait constituer une aide à la pratique médicale, selon le Président du Syndicat National des Dermatologues. « Il y a toujours une place pour le dermatologue. Cet outil peut sensibiliser les gens à consulter pour une lésion qui peut être suspecte. », assure le Dr Luc Sulimovic, qui rappelle par ailleurs que le spécialiste ne s’appuie plus que sur son oeil pour affirmer ou infirmer un diagnostic. « On a la dermoscopie, on a la vidéo dermoscopie… On s’aide aussi de l’intelligence artificielle », énumère-t-il.

Un positionnement favorable pour autant conditionné, bien sûr, à la pertinence de l’outil : « C’est une orientation, mais il faut encore que cette application soit efficace dans sa première analyse, débute-t-il. Si cela pouvait permettre un dépistage plus précis pour que seuls les patients à risque consultent, ce serait bien. Mais il ne faudrait pas que cela aboutisse à une surcharge des consultations. Cette dernière ayant pour conséquence de nous empêcher de voir les personnes qui doivent être vues ».

Autre point d’attention : les limites évidentes de ce nouvel accessoire. « Il faut faire attention à ces applications qui ne font pas un screening de l’ensemble des lésions de la peau », rappelle le dermatologue. S’il souligne que certaines IA ont parfois démontré qu’elles pouvaient être plus efficaces pour déceler des lésions suspectes que l’homme, Luc Sulimovic insiste sur le fait qu’elles ne sont pas en mesure d’examiner l’ensemble des grains de beauté. « Qui décide de la lésion à analyser ? Ce n’est pas forcément celle que les patients ont décidé de prendre en photo qui sera forcément problématique ». Des données à garder en tête quand nos patients feront crépiter leur flash sur leurs plus belles lésions.

Portrait de Julia Neuville

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