FHF : les hôpitaux ont besoin d'argent

Juste un milliard, SVP

Le déficit des hôpitaux devrait connaître un record historique en 2017 pour s’établir à environ 1,5 milliards d’euros. La FHF se rebiffe, en demandant des réformes structurelles et financières.

C’est la crise dans les hôpitaux publics. Les patients le sentent, le personnel médical et administratif le confirme, et la ministre de la Santé elle-même le reconnaît. C’est désormais au tour de la Fédération Hospitalière de France (FHF) de le rappeler, une nouvelle fois. Elle rapporte les premières estimations financières en provenance des Agences régionales de santé, calculées à partir des données fournies par les établissements.

Et d’après la FHF, la « ligne rouge est dépassée » en 2017. L’ensemble des hôpitaux publics cumuleraient un déficit record de 1,5 milliards d’euros, contre 470 millions en 2016. Une situation inquiétante tant dans la progression que dans les chiffres bruts. Le déficit représente 2 % des budgets hospitaliers. C’est le double du déficit de 2004, qui était jusqu’à présent la pire année du 21e siècle.

L’hôpital fait des économies et s’endette

En 2012, les comptes globaux des hôpitaux étaient pourtant repassés dans le vert, avec un excédent de 0,2 %. Mais depuis, c’est la descente aux enfers progressive.

La faute, en priorité, à l’impact des plans annuels d’économie, estime la FHF. « Ils conduisent à une dégradation sans précédent des investissements et réduisent considérablement les moyens dédiés aux financements de ses missions d’intérêt général », explique-t-elle dans un communiqué paru ce lundi. Entre 2014 et 2017, ils se sont élevés à 3 milliards d’euros.

La FHF critique accuse également la différence entre le volume d’activité prévue pour 2017 et l’activité réelle, moins importante. La T2A a montré ses faiblesses, et « a conduit cette année à faire supporter aux hôpitaux un même niveau de dépenses incompressibles en regard d’un moindre niveau de ressources ». Ubérisation de l’hôpital, vous dit-on !

Histoire de vêtements entre Pierre et Paul

Pour tenter de rattraper ce déficit colossal, la Fédération demande une nouvelle fois que soit reversée l’intégralité des réserves en provenance du coefficient prudentiel. Sur les 412 millions d’euros de crédits alloués pour 2017, la ministre de la Santé n’en a débloqué que 150 le 29 novembre dernier.

Elle déplore maintenant que ces crédits soient utilisés pour « éponger les effets de la [nouvelle] convention médicale », et donc détournés de leur vocation à « financer les missions d’intérêt général ». Le coût de cette convention signée avec le secteur libéral a été sous-estimé, pense-t-elle.

La fin d’une histoire

Agnès Buzyn l’annonçait au cours d’une interview accordée à Libération le 11 décembre dernier : « nous sommes arrivés au bout d’une histoire et d’un système ». La FHF semble d’accord. Elle demande qu’un certain nombre de réformes structurelles soient menées, en particulier pour relancer l’investissement et pour faciliter la gestion interne des établissements.

Et apparemment, ça urge. Plus de 1 400 mouvements sociaux ont émaillé l’année 2017 ; les indices d’une dégradation du système hospitalier se multiplient. Dernier en date à l’AP-HM. Plombé par une dette abyssale avoisinant le milliard d’euros, le groupement devrait se débarrasser d’environ 400 postes de soignants, et d’autant de lits. Les syndicats sont sur le coup : préavis de grève pour le 21 décembre.

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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