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« Le problème, c'est la multiplication d'outils de dépistage de cancers qu'on trouve dans les pharmacies, dans les grandes surfaces, dans les gares, etc. et donc on ne sait pas exactement comment ils sont gérés », explique le Professeur Saskia Oro, présidente de la SFD.
Ces dispositifs se présentent comme des cabines, proches de celles utilisées pour des téléconsultations, et sont accessibles dans des contextes extérieurs à tout suivi médical.
Selon le regroupement de dermatologues, ces actes de dépistages via l'IA se déroulent donc « sans supervision dermatologique ni validation scientifique ».
Ces faux dépistages peuvent exposer les patients à de graves risques
Et ces pratiques, « parfois présentées en libre-service », peuvent exposer les patients à « de graves risques » : faux diagnostics, sentiment de fausse sécurité ou anxiété inutile.
« Ce ne sont pas du tout des solutions qui vont permettre de fluidifier le parcours du patient, bien au contraire », affirme Saskia Soro, sur fond de pénurie nationale de dermatologues.
Face à l'essor rapide de l'intelligence artificielle, la SFD appelle à un « encadrement éthique et rigoureux », qui passe par l'intégration de toute solution numérique « dans un réseau territorial impliquant des dermatologues » et l'évaluation « de manière indépendante » de tous les dispositifs numériques existants.
Beaucoup de fausse informations circulent en dermato sur les réseaux
Début juillet, la SFD avait déjà dénoncé l'impact sur la santé des citoyens, et en particulier des plus jeunes, des fausses informations en dermatologie propagées en ligne.
« De fausses promesses de soins, des discours pseudo-scientifiques, des pratiques d’automédications dangereuses : la dermatologie est l’une des disciplines les plus ciblées par la désinformation sur les réseaux sociaux », plaidait-elle.
« De nombreuses fausses informations circulent sur les maladies de la peau, leur cause, leur contagiosité ou leur prise en charge, avec un rejet des traitements médicamenteux au profit de solutions naturelles », ajoute Saskia Soro.
« Il est urgent que les pouvoirs publics prennent pleinement la mesure de l’impact des réseaux sociaux sur la santé de la peau », insiste la SFD.
Pour lutter contre ces fausses informations, elle propose un plan d'action en plusieurs axes, qui passe notamment par la cartographie et la surveillance des sources de désinformation, la création d'un programme d'éducation scolaire à la santé dermatologique et la création d'un label « information médicale vérifiée » pour les contenus diffusés sur les réseaux sociaux.
Avec AFP
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