Eudes Ménager, le Shiva-médecin

Entre unité neuro-vasculaire, jeu vidéo et entreprenariat

Eudes Ménager cumule plusieurs jobs : médecin neuro-vasculaire, créateur d’entreprises (au pluriel), expert en santé digitale, conseiller pour startups, et même vice-président d’une association… Hyperactif ? Non, vous croyez ?

 

Les jeux vidéo, c’est un peu le dada d’Eudes Ménager. Il n’a plus beaucoup le temps d’y jouer, mais il en produit encore, entre deux gardes. Après son bac, ce geek workaholic a commencé un double cursus : médecine et ingénierie. Il a été reçu aux deux, et a finalement choisi les études de médecine, car « les relations humaines et la communication correspondent plus à son profil », dit-il. Mais il n’a pas laissé tomber ses rêves de technologie : avec un ami, il a créé une boîte spécialisée dans les outils d’aide à la production de jeux vidéo. Son rôle ? Le développement, la communication, le marketing.

« Je suis ce que les Américains appellent un "évangéliste", ma force est de faire comprendre aux gens l’intérêt d’un projet, de les faire se projeter dedans », explique Eudes en riant. Quelques années plus tard, l’envie de créer des jeux les a démangés, et ils ont fondé un studio, le Caillou. Le secteur étant en crise, ils se sont ensuite lancés dans l’aventure balbutiante du serious game, avec une boîte baptisée Medigames.

De la consult’ au consulting

Pendant ce temps, Eudes poursuivait sereinement ses études de médecine. Après son DES de médecine générale, il a passé sa Camu en 2003. Mais il s’est fait débaucher des urgences par le chef de service de neurologie et a contribué à monter l’Unité de soins intensifs neuro-vasculaires (Usinv) de Tenon à Paris, puis celle de Henri-Mondor à Créteil. Il travaille actuellement à Tenon et Saint-Antoine en neuro-vasculaire.

Mais ce serial-entrepreneur – comme il se surnomme avec humour – n’en est pas resté là. Il s’est mis à donner des conseils sur la création de startups. Au début, il faisait cela de manière purement philanthropique, pour se distraire de ses gardes. Mais cette activité lui prenant de plus en plus de temps, il a fini par en faire un nouveau métier.

Au diable le sacerdoce !

Après dix ans de cette double vie, Eudes a décidé qu’il n’avait pas à rougir d’avoir envie de faire autre chose que de la médecine, et ce malgré les difficultés avec la direction de l’AP-HP ou les commentaires des médecins « sacerdotalistes ». « Ça n’a pas toujours été évident », se souvient-il. « Les réactions autour de moi allaient de "Mais tu n’es plus médecin ? Tu n’aides plus les gens ?" à "Vous avez une autre activité donc vous n’êtes pas investi à 100 % dans cette boîte" de la part de certains investisseurs. »

Eudes a monté sept boîtes en seize ans, dont une a fermé. « Monter des projets, c’est intéressant et stimulant, même s’ils échouent », explique-t-il. « Et puis, pour moi, l’échec, c’est de perdre un patient. Alors, qu’un projet n’aboutisse pas ne m’empêche pas de dormir ! »

Vers l’infini et au-delà

Ses derniers projets ? Pectoris, une clinique virtuelle de télémédecine dans le domaine cardio-vasculaire, Health4People, qui donne dans la création de documents d’informations destinés aux patients… et l’associatif. Il s’investit en effet dans la fondation les Territoires du cœur, qui propose notamment des ateliers de télémédecine à destination d’équipes en Afrique.

« Sky is the limit », n’est-ce pas Eudes ?

Source: 

Sarah Balfagon

Portrait de La rédaction

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