Élections aux URPS : CSMF, entre vieux combats et nouvelles convictions

Les élections aux URPS, c’est pour bientôt ! Pour vous aider à y voir plus clair, What’s up Doc se plonge dans les programmes des candidats. Et c’est au tour des Généralistes-CSMF d’accepter de se faire ausculter.

7. C’est le nombre de jours qui nous séparent des élections aux URPS. Du 31 mars au 7 avril prochain, les syndicats partent à la pêche (en ligne) pour récolter un maximum de votes. Et la Confédération des Syndicats Médicaux Français, qui avait notamment écopé de la troisième place chez les médecins généralistes en 2015, ne fait pas exception à la règle. « Notre priorité, c’est la liberté des professionnels de santé », nous confie le Dr Luc Duquesnel, président des Généralistes-CSMF.

Une lutte sociale pour préserver le statut des médecins généralistes

Une ligne de conduite qui se traduit par la réaffirmation de combats anciens. « Rémunération du spécialiste en médecine générale = 30 euros l’acte de base !  », plaide le syndicat, pour toute introduction. Et Luc Duquesnel d’apporter un nouvel éclairage : « Notre priorité est de changer la rémunération des médecins. Ils n’arrivent pas à s’approprier la nomenclature. Au programme donc ? La création de quatre niveaux de consultation, allant de la consultation de base à 30 euros à la consultation de prévention à 120 euros. Un tour de passe-passe qui devrait permettre aux médecins généralistes de renflouer leurs caisses. « S’ils parvenaient à facturer leur travail, ils auraient 20 % de rémunération supplémentaire ! », assure le Président. À noter que la CSMF – syndicat fier de représenter les médecins à expertise particulière (MEP) – souhaite également s’engager en faveur de la création de cotations spécifiques pour ces derniers. « Le secteur 2 ne doit pas être, pour eux, le seul secteur économiquement viable », martèle la CSMF.

La formation, garante d’une  « médecine libérale de qualité »

Si la liberté passe par le porte-monnaie des médecins, elle se retrouve également dans la formation, à en croire la CSMF. Garante d’une « médecine libérale de qualité » selon Luc Duquesnel, la formation doit être remise au premier plan. « Les médecins généralistes libéraux sont de plus en plus demandeurs de formations proches de leurs exercices et qui collent à l’actualité médicale et sociétale », assure son syndicat. Covid-19, environnement ou mise à jour des connaissances initiales… Les pistes d’apprentissages défendues par la CSMF sont, en effet, nombreuses. « En ce qui concerne le DPC, la CSMF militera pour une augmentation sensible des heures allouées au DPC pour passer dès 2022 de 21h à 40h », indique la CSMF qui ajoute que ces dernières devront également être mieux indemnisées.  

La sécurité, une question primordiale

Autre point d’attention de la CSMF : la sécurité du statut des généralistes. Une ambition qui passe notamment par des engagements en faveur de la protection sociale :

  • Pas de limitation au cumul emploi-retraite ;
  • amélioration des avantages comme les indemnités journalières ou congés de maternité ;
  • mise en place d’une proportionnalité des cotisations en fonction du chiffre d’affaires…

Mais également par définir avec précision les contours du rôle du médecin traitant. « Nous sommes opposés à la création d’un statut de sage-femme référente ! Nous trouvons ça complètement ahurissant. En quoi sa formation lui permet-elle d’orienter un patient vers un spécialiste ? », martèle Luc Duquesnel. Le syndicat en profite également pour réaffirmer l’importance de la coordination entre spécialistes et généralistes, tout en rappelant que ces derniers sont les « chefs d’orchestre du parcours de santé ». Une « définition précise » que la CSMF souhaite voir acter par les institutions. « En fonction des spécificités de chaque territoire, ce sont les médecins libéraux qui définissent quelle est la meilleure organisation », argumente la CSMF.

Après les vieux combats, de nouveaux enjeux

Mais il n’y a pas que sur les luttes historiques que le syndicat souhaite se positionner. Sur les nouvelles aussi. Ainsi, la CSMF met en avant la création d’un cabinet cru… 2030 ! Au programme donc, « un investissement important dans l’innovation technique et organisationnelle du cabinet » afin de :

  • valoriser le temps d’expertise du médecin généraliste ;
  • soigner à distance ;
  • suivre ses patients en continu ;
  • mieux gérer son organisation interne ;
  • optimiser les relations avec l’hôpital.

Une liste non-exhaustive qui doit permettre aux médecins généralistes d’améliorer leur qualité de vie au travail… tout autant que de préserver de leur vie personnelle. « Le cabinet vert s’inscrit lui aussi dans le cabinet 2030 que promeut la CSMF », poursuit le syndicat.  Tri ou recyclage des déchets, réflexion autour de l’architecture des locaux… « On doit tenir compte de l’environnement dans un cabinet. Pourquoi est-ce qu’on ne mettrait pas en place des incitations ? », se questionne le syndicaliste qui rappelle que la CSMF souhaite également développer des consultations prévention-environnement.

Source: 
Portrait de Julia Neuville

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