Dans les Pyrénées-Atlantiques, un accueil « sur-mesure » à l’écoute du projet de vie pour attirer les jeunes médecins

L’équipe départementale Présence médicale 64 aide les internes dans leur projet de stage et les jeunes généralistes dans leur installation. Sa méthode : un accueil unique personnalisé et des liens humains forts et authentiques. Une recette qui marche.

 

« Du sur-mesure », « de l’humain », « un interlocuteur unique ». Ce sont presque toujours les mêmes mots qui reviennent dans les témoignages des internes et jeunes médecins qui ont fait appel à Présence médicale 64. Ce dispositif impulsé conjointement par le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques et l’ARS, a fait de l’accueil unique personnalisé une méthode à part entière.

Gaëlle Hanoun peut en témoigner. Après neuf ans passés sous l’uniforme de médecin militaire, cette dernière a été prise d’un soudain besoin de changement. Son congé pour convenance personnelle posé, l’expérience du libéral l’appelle. Ses pas la portent alors de Pau jusqu’à Thèze, petit village du Béarn niché au nord des Pyrénées-Atlantiques. « J’ai eu envie de relever le challenge de l’exercice en milieu semi-rural et je me suis fixé comme objectif de monter mon cabinet en moins de trois semaines ! » raconte-t-elle. Après quelques échanges fructueux avec le maire de la commune autour des possibilités d’installation, elle passe à l’action sans tarder.

Pour y parvenir, elle contacte Présence médicale 64. 

L’équipe m'a guidée dans toutes mes démarches, dont certaines étaient inconnues pour moi qui venais de l’armée », confie la jeune généraliste. Un contact à la CPAM par-là, un autre à la Communauté de communes ou au Conseil départemental de l’Ordre (CDOM)… L’équipe, et toujours le même interlocuteur, lui donne accès à des contacts directs. « Ce défi des trois semaines était ardu car toutes les démarches administratives étaient imbriquées.

Présence médicale 64 a été « un soutien, un facilitateur et un vecteur d'optimisme et de dynamisme. Ils étaient prêts à tout bousculer pour que ça avance », estime Gaëlle Hanoun. Et cela a payé, puisque la jeune médecin a réussi son défi. Son interlocutrice chez Présence médicale 64 s’active déjà pour lui trouver un associé ou un remplaçant.

 

La force d’un interlocuteur unique

Dès ses origines, le dispositif a développé une approche humaine et ultra-personnalisée. L’équipe a ensuite constitué un réseau d’interlocuteurs uniques dans toutes les institutions ou parmi les acteurs impliqués, de la faculté de médecine jusqu’aux syndicats d’internes ou aux médecins de territoire. « Quand un médecin les appelle, il entre donc en contact avec une personne qui connaît déjà son projet. Cela fait tomber bien des barrières », affirme Nadine Hiale, la directrice du dispositif. Philippe Laperle, directeur adjoint de l’ARS64 abonde : « Pour attirer plus et mieux, nous avions intérêt à mettre en commun toutes nos compétences respectives ».

Nous nous activons tous pour aider et faire du cocooning dès l’internat, confirme encore le Dr Jean-François Grange, membre du CDOM 64, une instance fortement mobilisée dans le dispositif. Aujourd’hui, les jeunes aspirent à du zéro tracas administratif .

Et la force du dispositif est de ne pas se limiter à la facette professionnelle mais d’assister les jeunes médecins sur l’ensemble de leur projet de vie : trouver un logement, fournir des informations sur les écoles ou encore aider à trouver un travail pour le conjoint. Tiffany Ertaud, tout juste installée à Ger, entre Pau et Tarbes, a justement pu faire bénéficier son compagnon de cet accompagnement à la recherche d’emploi, lui qui venait de quitter son poste à la Métropole de Marseille.

Normande tombée amoureuse du Béarn, Tiffany Ertaud avait avant tout un « projet de couple » à concrétiser. Pour elle, il n’était pas question de poser sa plaque par ici tant que son compagnon ne retombait sur ses pattes professionnelles. Aidé par un membre de l’équipe de Présence médicale 64, l’homme a tissé un réseau, obtenu de l’aide et de l’accompagnement et, de fil en aiguille, décroché en septembre 2021 un poste à la mairie de Morlaàs. Le 18 octobre, Tiffany Ertaud signait à son tour son contrat de collaboration au sein de la MSP de Ger.

 

Du coup de cœur au projet d’installation

Cet accompagnement personnalisé, des dizaines d’internes le reçoivent chaque année. Eléonore Dillenschneider a connu elle aussi ce saut entre coup de cœur et projet de vie. Aujourd’hui en dernière année d’internat, la jeune femme originaire de Nancy est tombée sous le charme de Pau, puis sous celui de la vallée d’Ossau lors d’un stage. « Je me suis dit que ce serait fabuleux de m’y installer un jour », évoque-t-elle.

Alors qu’elle compte réaliser ici son stage de 6e semestre puis poser sa plaque à Arudy, elle reçoit le soutien actif de Présence médicale 64. « Ils savent y faire pour que le courant passe bien entre les médecins installés de longue date et les jeunes en projet d’installation », constate l’interne. « J’ai aussi pu participer à des événements créés pour aider à mieux comprendre l’exercice libéral, ce qu’on ne nous explique jamais dans les études. Avec eux, j’ai l'impression d'être prise par la main et de gagner beaucoup de charge mentale, tout cela dans une relation presque amicale ».

 

Collaboration « à la carte »

Membre du SIMGA (Syndicat des internes de médecine générale d'Aquitaine), Roxane Bailleul loue « cette disponibilité et cette réactivité si précieuses quand on est interne et bien souvent seul lors des stages chez le praticien ». Pour l’interne, « ce n’est pas d’incitations financières dont nous avons besoin, mais de briser la solitude, connaître le territoire, trouver un logement, de l’aide pour les démarches administratives et intégrer un réseau de médecins expérimentés localement ». Tout ce que Présence médicale 64 cherche à apporter.

Sur demande de son syndicat, le dispositif départemental est allé jusqu’à organiser des événements, comme un week-end d’accueil d’internes à la montagne, dans un cadre idyllique. « Ils l’ont créé pour nous de toutes pièces en quelques mois », se réjouit Roxane Bailleul. Thomas Henri, interne de 3e année et membre lui aussi du SIMGA, applaudit cette « collaboration à la carte », comme il dit. « Ils arrivent à la fois à proposer un guichet unique, à mobiliser un réseau et à agir pour débloquer toutes les situations que l’on peut rencontrer ».

 

Un article écrit avec le soutien et l’éclairage des membres du collectif Présence médicale 64

Portrait de Thomas Blachère

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