CPTS, Assistants médicaux : FMF et MG France sur le tatami des négociations

La Fédération des médecins de France (FMF) et le syndicat de médecins généralistes MG France sont revenus sur les négociations conventionnelles en cours. Sur les CPTS et les assistants médicaux, il y a encore du boulot.
 

Alors que la loi de transformation du système de santé est encore soumise à l’approbation du Sénat, les syndicats médicaux sont toujours en négociations conventionnelles avec l’Assurance maladie. MG France comme la Fédération des médecins de France (FMF) ne sont pas prêts à signer en l’état des négociations, mais leur approche des sujets n’est pas la même.
 
« On assiste à un laminage de la médecine générale comme jamais », lance Jean-Paul Hamon, président de la FMF, lors d’une conférence de presse organisée le 3 avril, notant au passage des remontées d’adhérents qui ne comprennent pas que le syndicat n’ait pas encore quitté la table des négociations. « Le gouvernement ne veut pas se donner les moyens d’enrayer la désertification médicale. Ils ne sont pas aidés par l’Assemblée », ajoute-t-il, rassuré tout de même par le fait qu’ils aient finalement fait preuve d’« un peu de bon sens », notamment concernant la régulation à l’installation.
 
Approche différente pour MG France, qui condamne fermement l’amendement autorisant les pharmaciens à prescrire pour les « petites maladies » mais tente de rejoindre le gouvernement sur une version acceptable des propositions discutées dans le cadre des négociations conventionnelles. FMF VS MG France : Ready ? Fight !

Round 1 : CPTS

Le combat commence par un high kick de Jean-Paul Hamon qui propose à nouveau la majoration de 15 euros pour la participation aux soins non programmés comme condition pour en faire un socle pour l'appartenance à une CPTS, conjointement à l'accès à un médecin traitant. Et rien de plus. Concernant les objectifs de santé publique, le généraliste enchaîne sur un low kick dans les genoux : il détourne sur les groupes qualité, qui font l’objet de plusieurs expérimentations qu’il estime fructueuses. Ces groupes d'une dizaine de praticiens se réunissent plusieurs fois par an pour discuter et se coordonner.
 
MG France se positionne dans un esprit plus proche des propositions gouvernementales. « Le but, c’est de rendre service aux professionnels », a rappelé Jacques Battistoni lors d’une conférence de presse organisée le 3 avril, soulignant le fait que c’est en incitant et en concevant l’outil pour les professionnels que les CPTS fonctionneront.
 
Il enchaîne en contre, en démontant la hauteur des subventions prévues. « L’Assurance maladie annonce 300 000 euros pour une grosse CPTS qui réunit tous les critères », rappelle-t-il. « C’est peu, en comparaison des subventions allouées aux MSP. Nous avons fait nos calculs, il faudrait le double ou le triple ».  Ce coût permettrait de prendre en charge le personnel de la structure, et notamment le coordonnateur – avec un profil expérimenté et dont la charge salariale pourrait, à elle seule, approcher des 100 000 euros –, mais aussi le personnel administratif, le loyer, le matériel…
 
Jacques Battistoni laisse l’adversaire souffler en ajoutant que cet argent n’a pas à être disponible tout de suite, mais dans le cadre d’une montée en charge.

Round 2 : assistants médicaux

Jean-Paul Hamon n’a rien contre un peu de personnel subventionné. « Fournissez du personnel et laissez-nous en faire ce qu’on veut », lance-t-il. Ensuite, les détails sont plus embêtants, notamment concernant l’obligation d’être « membre ou participant à une CPTS ». En résumé : assistants pour tous, médecins regroupés ou isolés, et sans mission prédéfinie.
 
MG France la joue plus en finesse et en esquives. Il réclame un cahier des charges simple et lisible « qui doit tenir sur une demi-feuille de papier ». « L’assistant médical ne doit pas nécessairement avoir un profil soignant très développé », estime ainsi le syndicat qui précise que l’installation du patient (déshabillage, prise de tension…) n’est pas un point qui fait perdre du temps au praticien, puisqu’il permet de commencer à discuter.
 
Ce qui est chronophage, rappelle-t-il, c’est la première consultation, avec la prise en compte de l’historique du patient, ou encore le recueil des directives anticipées, mais surtout l’après-consult’ et l’organisation du parcours de santé. La tenue du dossier médical est également un sujet cher à Margot Bayart, premier vice-président du syndicat. « C’est un outil extrêmement important que nous n’exploitons pas suffisamment », faute de temps pour le tenir à jour correctement, déplore-t-elle. Pour ces tâches, MG France prône un profil de secrétaire médico-administrative, ou d’aide-soignant avec une formation en santé publique.
 
Attaque surprise de Jacques Battistoni ! Le président a fait ses petits comptes. Au lieu des 400 présentés par l’Assurance maladie sur des critères d’inclusion et de financement pointilleux, le président de MG France lance une idée : pourquoi pas 10 000, pris en charge aux 2/3 sur une base de 36 000 euros par an. « Cela représente 240 millions d’euros par an, ce qui n’est pas si énorme », estime-t-il. « Et là, je parie qu’on change l’offre de soins dans ce pays et qu’on résout largement le problème d’accès aux soins ».
 
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