Coup d’État en Birmanie : Les soignants ruent dans les brancards

Pour protester contre le Coup d’État survenu lundi, les soignants birmans sont dans la rue. Un mouvement de désobéissance civile qui se serait répandu dans 70 hôpitaux du pays.

Seule une urgence pourra leur faire retrouver leurs postes. Depuis le début de la semaine, le personnel soignant de dizaines d’hôpitaux publics, d’instituts médicaux et de centres de tests Covid ont quitté les couloirs de leurs établissements de santé pour rejoindre le mouvement de désobéissance civile. Leur motivation ? Dénoncer, ruban rouge accroché sur la blouse, le coup d’État orchestré par l’armée birmane.
 
C’est le 1er février que les faits se sont produits. Menée par le général Min Aung Hlaing, l’armée birmane a arrêté la dirigeante du pays, Aung San Suu Kyi. Deux jours après, le Prix Nobel de la Paix 91 a officiellement été inculpé pour avoir importé et utilisé « illégalement » des talkies-walkies trouvables aux quatre coins du pays. Elle risque jusqu’à trois ans de prison. Sous la direction du général putschiste, un nouveau gouvernement a, quant à lui, été formé la veille.
 
Et du côté des soignants, la pilule ne passe pas. « Ce mouvement a commencé dans 70 hôpitaux, dans 30 communes de tout le pays », a détaillé l’activiste Thinzar Shunlei Yi pour France Info. Selon elle, il serait mené principalement par « de jeunes médecins, de jeunes médecins assistants et de jeunes infirmières ».
 
Sur la page Facebook du mouvement de désobéissance civile, les protestataires en blouse blanche ont publié une lettre détaillant leurs motivations. « Nous refusons d’obéir aux ordres de ce régime militaire illégitime qui a démontré qu’il n’avait aucun respect pour nos pauvres patients », ont-ils écrit.
 
Essoré par l’épidémie qui fait 3 138 morts dans le pays, le personnel soignant birman reproche en effet aux putschistes d’avoir « placé leurs propres intérêts au-dessus de [la] population vulnérable » qui a subi de plein fouet les difficultés médicales, économiques et sociales du pays durant la pandémie.
 

Portrait de Julia Neuville

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