Concours de beauté ou effort salutaire ?

Les chirurgiens américains au banc d’essai

On a coutume de critiquer les médecins français pour leur manque de culture de l’évaluation. Les médecins américains sont bien plus habitués à être comparés les uns aux autres, entend-on souvent. Ne sont-ils d’ailleurs pas contraints de repasser régulièrement devant leurs pairs pour conserver leur certification par le board de leur spécialité ?

Sauf que quand un media indépendant se met en tête de classer les chirurgiens américains, les dents grincent de l’autre côté de l’Atlantique. Le site ProPublica a en effet mis en ligne en juillet dernier le « Surgeon scorecard », une base de données dans laquelle tout un chacun peut aller rechercher les informations sur n’importe lequel des 17 000 praticiens de bloc opératoire qui y figurent : complications, taux de reprise, réadmissions, etc. Les données proviennent de Medicare, le système qui permet de financer les soins aux personnes âgées.

Et si l’accueil des médias grand-public a été globalement positif, celui de la profession a été plutôt glacial.

Cet outil « ne parvient pas à tenir ses promesses », explique le Dr. John Mandrola sur Medscape : données incomplètes, manque de prise en compte de l’état de santé des patients, présentation des résultats biaisés… D’après ce cardiologue, il n’y a pas grand-chose à sauver du travail de ProPublica.

Ed Livingstone, du prestigieux Journal of the American medical association (JAMA), fait quant à lui semblant de s’étonner sur Twitter que l’un des meilleurs praticiens qu’il connaisse se trouve très mal classé : « il fait toute les reprises et tous les cas compliqués », explique-t-il.

Tous les chirurgiens n’ont pourtant pas voué ProPublica aux gémonies. « Il était temps », a par exemple confié à « USA Today » le Dr. Charles Mick, neurochirurgien qui a participé au projet. Et celui-ci reste « le premier rapport complètement indépendant à propos de la qualité des soins au niveau du médecin individuel », explique le site « US News », lui-même spécialiste des classements en tous genres.

Il faut dire que le sujet est un enjeu énorme aux Etats-Unis : le nombre de morts causé par des soins de mauvaise qualité varie selon les études, mais il se compte en centaines de milliers. Bien sûr, tout cela concerne les Etats-Unis. Toute ressemblance avec un autre pays serait pure coïncidence.

Source: 

Adrien Renaud

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