CHU : les évolutions nécessaires selon Édouard Philippe

Répondant aux préconisations de la Cour des comptes, le Premier ministre s’est prononcé sur plusieurs évolutions à engager sur les CHU. Sans grande surprise, il reprend la plupart des recommandations.
 

Le CHU est un pilier du système de santé français, mais est à bout de souffle. Le constat, globalement partagé, a fait l’objet de plusieurs rapports, notamment de la part de la Cour des comptes, et de débats lors des dernières assises hospitalo-universitaires.
 
Le 5 mars, Édouard Philippe a répondu aux recommandations de la rue Cambon en annonçant la direction que prendra la réforme des CHU, avec plusieurs éléments à revoir : la gradation des soins, l’organisation en réseau, l’attractivité des carrières hospitalières et la révision des financements.
 

Soin, recherche…

 
Dans un référé datant du 7 décembre 2018 et adressé au Premier ministre, la Cour des comptes pointait du doigt les défauts des CHU. Une capacité de recherche inégalement répartie dans les CHU et qui s’érode, une mauvaise répartition des missions de soins entre le premier recours et l’hyperspécialisation, des problèmes de financement et d’attractivité pour les professionnels, ou encore de qualité.
 
Elle avait alors émis une série de recommandations visant à moderniser leur modèle. La Cour des comptes souhaite que les CHU se regroupent en une dizaine de réseaux « permettant une meilleure gradation des soins, la rationalisation des investissements et des équipements, et l’optimisation des moyens de recherche ». Elle recommande également une révision des carrières hospitalo-universitaires et du financement des CHU, notamment par une modification des conditions d’allocation des dotations Merri (Missions d’enseignement, de recherche, de rôle de référence et d’innovation). Pour les sages de la rue Cambon, la qualité doit aussi devenir un « objectif essentiel des politiques mises en œuvre ».
 

Enseignement ?

 
Dans sa réponse, Édouard Philippe a confirmé la mission de proximité des CHU mais prévoit une révision de la gradation des soins. « Elle conduira, suivant les territoires et les activités de soins, à positionner les CHU alternativement comme acteurs de proximité, de recours ou de référence », a-t-il précisé. Il confirme une volonté d’organisation en réseau pour « construire des projets communs, tant sur le plan hospitalier qu’universitaire, avec les acteurs du territoire ».
 
« Le travail en commun des CHU doit permettre d'atteindre la masse critique nécessaire pour assurer de manière pérenne plusieurs missions et notamment la recherche de pointe, en coordonnant certains investissements dans les équipements lourds et en déployant des réseaux thématiques de recherche » a-t-il ajouté. Les crédits Merri seront également revus, selon des modalités qui sont en cours d’étude par un groupe d’experts.
 
Le Gouvernement semble enfin prendre la mesure du manque d’attractivité des carrières hospitalo-universitaires. Il est favorable à une « contractualisation par séquence, triennale ou quinquennale par exemple ». Ce principe « paraît une orientation pertinente, car porteuse d'une meilleure lisibilité des missions assumées et d'un accompagnement de carrière davantage personnalisé », a déclaré Édouard Philippe.

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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