À 60 ans, les CHU veulent commencer une nouvelle vie

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Management, numérique, gouvernance et gestion des territoires au programme

En plein "Ma santé 2022", les différents acteurs des CHU étaient invités à repenser son fonctionnement pour l’adapter aux défis d’aujourd’hui et de demain. Ils ont apporté les esquisses d’une réponse aux Assises nationales hospitalo-universitaires.

 

L’âge de la retraite a été repoussé. Ce qui est valable pour les travailleurs le sera aussi pour les CHU. Après 60 ans de bons et loyaux services, de travail pour l’excellence médicale et la prise en charge sanitaire des Français, le système hospitalo-universitaire est amené à garder son rôle, mais montre des signes de faiblesses. Il a besoin d’un lifting. C’est l’objet de la mission confiée il y a plus d’un an par le duo réformateur de choc Agnès Buzyn-Frédérique Vidal aux six Conférences concernées (1).

Lors des Assises nationales hospitalo-universitaires, qui se tenaient les 13 et 14 décembre au Futuroscope, les doyens, présidents de CME et des directeurs généraux de CHU ont présenté leur rapport sur le « CHU de demain ». Pour pérenniser son rôle d’excellence avec ses rôles de soins, d’enseignement et de recherche – auxquels s’ajoutent désormais la prévention et l’innovation–, ils proposent des réformes sur la gouvernance, sur la place du numérique, sur l’organisation des territoires et sur la gestion des ressources humaines. Rien de bien concret, mais des pistes intéressantes.

Des revendications entendues

Alors que les grand axes du plan « Ma santé 2022 » ont été dévoilés ces derniers mois, un constat a été fait par les hospitaliers : il s’est focalisé sur les libéraux, et pour eux, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Parmi les revendications, les praticiens demandaient à regagner du poids dans la gouvernance hospitalière, et semblaient avoir été entendus par la ministre de la Santé. « Le CHU de demain » va dans ce sens, en proposant une gouvernance croisée entre les CHU et les universités, en donnant un pouvoir de décision aux présidents de CME, aux DG et aux doyens « dans les domaines d’actions partagées », et en accordant des décisions conjointes aux DG et présidents d’universités dans les CHU.

Autre point de tension : les ressources humaines et les risques psychosociaux. Le rapport propose de revoir la gestion des carrières hospitalo-universitaires. Plus de souplesse entre les différentes missions des praticiens (soins, enseignement, recherche) ou dans les modalités d’exercice au cours de la carrière. Les auteurs souhaitent également que le management prenne enfin sa place à l’hôpital, et qu’il s’appuie sur une véritable formation.

Mais où sont les médecins

Pour suivre le mouvement de la société et prendre sa place dans la nouvelle donne des parcours de soins, le CHU devra réinventer son rôle dans les territoires. Il sera amené à travailler en réseau avec les autres CHU, mais aussi avec les équipes médicales locales pour améliorer les parcours et la gradation des soins. Que ce soit dans le soin, la recherche ou l’enseignement, il devra « mettre en œuvre des stratégies territoriales […] assurées par le directeur général, le président de la CME et les doyens de santé dans le cadre d’une coopération avec les autres acteurs du territoire », expliquent les auteurs. Et c’est là que What’s up Doc s’étonne un peu.

Parmi les contributeurs à ce rapport figurent des personnalités représentant les territoires, les étudiants en santé, l’État, les directions hospitalières… mais pas les libéraux, ni même les syndicats de praticiens hospitaliers, par exemple. Leurs représentants n’ont d’ailleurs pas été aperçus dans les rangs de l’amphithéâtre du palais des congrès du Futuroscope. Le rapport n’est qu’une première feuille de route, mais il paraît compliqué d’imaginer la réforme des CHU sans les personnes qui seront les premières concernées dans leurs objectifs de carrière ou dans leur travail quotidien. Le patient et le chirurgien semblent prêts pour le lifting, mais l’anesthésiste et les assistants de bloc ne sont pas encore arrivés.

Et on ne parle pas trop non plus du coût de l’opération... (1) Conférence des présidents de CME de CHU, Conférence des directeurs généraux de CHU, Conférence des doyens de faculté de médecine, Conférence des doyens de faculté de pharmacie, Conférence des doyens de faculté d’odontologie, Conférence des présidents d’universités.

 

Portrait de Jonathan Herchkovitch

 

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