Cannabis thérapeutique : fumer n’est pas soigner

L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) semble favorable à l'usage du cannabis en plante à des fins thérapeutiques. Mais pas question pour autant d'autoriser le joint !

La réflexion avance quant à l’usage du cannabis à des fins thérapeutiques en France. Et il était temps : car en la matière, l’Hexagone fait figure de lanterne rouge en Europe et ailleurs : Aux États-Unis, dans la plupart des pays d’Europe, en Israël, en Suisse, le THC est autorisé pour soigner. Sauf en France où l’on confond volontiers soins et défonce. On se rappelle que des vendeurs de produits à base de cannabidiol (thés, gâteau…) ont du fermer précipitamment boutique, car assimilés, par les autorités sanitaires entre autres, à de vulgaires dealers, en aout dernier.

Trois réunions
Quoi qu’il en soit, l’agence nationale de sécurité du médicament, a décidé de faire avancer le débat, pour faire reculer l’obscurantisme en la matière. L’agence a installé en septembre dernier un comité scientifique spécialisé temporaire (CSST) qui, en l’espace  de trois réunions, a eu le temps d’auditionner des dizaines de spécialistes du cannabis. Le 13 décembre dernier, ce comité technique a rendu ses premières conclusions : oui au cannabis thérapeutique à l’hôpital, non à la fumette. Et ce pour des raisons de santé. Si l’autorisation du cannabis est acté pour le CSST, il l’est du bout des doigts : « Le Comité estime, qu’il est pertinent d’autoriser l’usage du cannabis[1] à visée thérapeutique pour les patients dans certaines situations cliniques et en cas de soulagement insuffisant ou d’une mauvaise tolérance des thérapeutiques, médicamenteuses ou non, accessibles. » Les situations thérapeutiques retenues qui peuvent nécessiter l’usage du cannabis thérapeutique sont les douleurs réfractaires aux thérapies, certaines formes d’épilepsie sévères et pharmacorésistantes, en oncologie, en soins palliatifs, dans le traitement de la sclérose en plaques. Pour encadrer l’usage du cannabis, le CSST propose la mise en place d’un registre national afin de suivre le bénéfice/risque. Quoi qu’il en soit, pour que ces propositions soient mises en œuvre, il semble indispensable de faire évoluer la législation. Sinon cet avis risque de partir en fumée...

Portrait de Jean-Bernard Gervais

 

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