Attention à l'infection

Alors que la plupart des équipes tremblent devant le risque hémorragique, l’ischémie d’organes nobles, la perte de fonctions vitales, l’infection s’invite en silence à l’insu des opérateurs.

AMÉLIORER LA PRISE EN CHARGE DES INFECTIONS

 

« Euh… docteur, ça sent pas très bon sous le pansement… »

Aïe, quand l’odeur fait son nid, bonjour les ennuis. Évidemment, il y a infection et infection, seulement dans certaines disciplines, le petit risque n’existe guère en matière d’infection.

 

La chirurgie orthopédique est la plus exposée aux sinistres. À elle seule, elle totalise en effet 38 % des déclarations* pour toutes complications confondues. Et question infection, elle n’est pas en reste car ce problème constitue une large part des événements indésirables. Si l’antibioprophylaxie fait des émules et offre rétrospectivement dans 87 % des cas une satisfaction clinique, il n’en reste pas moins que la gestion des complications infectieuses, elle, laisse à désirer : dans 45 % des cas, elle serait perfectible* selon la cartographie des risques du bloc opératoire 2013 réalisée par le Cabinet Branchet. Autrement dit, une fois sur deux… on pourrait faire mieux ! Ça nous laisse une certaine marge de progression.

 

INFORMATION DU PATIENT : INDISPENSABLE

 

« Docteur, j’vous appelle à propos de cette infection… Va falloir penser à m’indemniser! »

 

Déjà que l’infection se gère difficilement, quand l’ombre du contentieux se rajoute, bonjour les embêtements. On le dit, on le répète, mieux vaut prévenir que guérir. Informer le patient des risques avant toute chose n’est pas optionnel.

Seulement, le constat est édifiant. Il existe un défaut d’information  rapporté dans l’ensemble des spécialités de plateau lourd qui s’élève à 45 % et, en ortho, en particulier, à 47 %* ! Pour éviter de devoir s’empêtrer dans la bataille risquée des indemnités à rembourser, il est plus que jamais conseillé de laisser dans les dossiers médicaux une trace de l’information qui a été donnée, avec le double d’un consentement éclairé signé du patient. Il faut aussi prendre soin de remettre à ce dernier, au préalable, une information préopératoire.

 

Un conseil d’autant plus important qu’on exerce dans le privé, car le coût des primes d’assurances peut être directement impacté des sinistres occasionnés…

 

FAIRE ÉVOLUER SES PRATIQUES

 

L’antibiothérapie prophylactique est le plus souvent adaptée mais elle reste souvent perfectible. Les chirurgiens doivent en discuter avec les anesthésistes. Se renseigner, se former, communiquer… Mettre à jour ses protocoles est un sauf-conduit… public comme privé !

 

La gestion de l’infection requiert souvent une réflexion pluridisciplinaire impliquant un référent en antibiothérapie. En cas de situation complexe, il peut même être nécessaire de recourir à un infectiologue d’un centre de référence voisin… Ne jamais tarder ! Et ce, même s’il s’agit de la clinique concurrente ou du CHU avec lequel on n’aurait pas d’affinités.

 

De nombreuses formations existent en infectieux**. En libéral surtout, où l’on est parfois plus isolé, il est indispensable de bien s’entourer, de partager les savoirs avec son anesthésiste ou son chirurgien pour, une fois le problème révélé, ne jamais se retrouver… sans recours à solliciter.

 

 

BREAKING NEWS

 

25 % des sinistres d’orthopédie sont associés à un geste sur le genou.

 

Dans 98 % des cas de chir’ ortho, la prévention thromboembolique est bien respectée.

 

Jusqu’à 18 % des sinistres d’ortho sont associés à des comptes rendus écrits et des suivis insatisfaisants.

 

 

Article proposé avec le soutien du Cabinet Branchet (spécialiste de l’assurance RCP du plateau technique lourd)

 

*La cartographie des risques du bloc opératoire – Bilan 2013 – réalisée par le Cabinet Branchet en partenariat avec ASSPRO (Association de prévention du risque opératoire) a porté sur l’ensemble des 9 894 dossiers de sinistres déclarés par les assurés entre 2008 et 2012.

** Formation ASSPRO Chirurgies www.asspro.fr

 

Portrait de La rédaction
article du WUD 15

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