30 novembre : une journée de mobilisation haute en couleurs

À l’appel des collectifs Inter-Urgences et Inter-Hôpitaux, des actions étaient organisées ce samedi 30 novembre dans de nombreux hôpitaux français. Afin de sensibiliser la population à la crise de l'hôpital public. Tour d’horizon en photos et vidéos.
 

Les hôpitaux français ont rivalisé d’imagination ce week-end pour faire entendre la voix les professionnels de santé mobilisés depuis de nombreux mois. Les collectifs Inter-Urgences et Inter-Hôpitaux ont en effet organisé ce samedi 30 novembre des actions pour sensibiliser la population à la crise de l'hôpital public. « La sécurité n'est plus assurée, la santé est en danger », alertaient les deux collectifs dans un communiqué.
 
La veille (vendredi 29 novembre), un SOS lumineux géant avait illuminé une grande partie de la tour du CHU de Caen (Calvados) en début de soirée. 180 médecins étaient en grève et ont débrayé pendant une heure.

Mais comment cette action inédite a été mise en place ? L’idée est venue de médecins, selon la professeure en nutrition clinique et gastro-entérologie, Marie-Astrid Piquet, interviewée par Ouest France
 
« On a créé un petit groupe WhatsApp de trente médecins qui ont alerté chaque service puis se sont coordonnés pour allumer et éteindre les lumières nécessaires à chaque étage. En bas, on était quelques-uns à regarder que tout se passait bien. À un moment, d’un seul coup, tout le 15e s’est rallumé, la direction était en train de visiter un service pour des travaux. »
 
D’autres actions étaient prévues le 30 novembre dans de nombreux établissements d’Île-de-France (Lariboisière, Pitié Salpetrière, Saint-Antoine, Necker, Saint-Louis, Cochin, Bichat, HEGP, Delafontaine, Versailles, Paul Brousse, Sainte-Périne, Corbeil-Essonnes. …) et de province (Besançon, Limoges, Montauban, Annecy, Caen, Nantes, Mont-de-Marsan, Vienne, Pau, Creil…).
 
À l’hôpital Paul Brousse, l’opération « blouses vides » et ses slogans « Hôpital de demain, hôpital sans humain » et « Le plan d’urgence pour l’hôpital, c’est du vent » ont marqué les esprits .

À Nantes, les photos des responsables de la situation actuelle de l’hôpital public (les 5 derniers ministres de la Santé) remplaçaient les visages du personnel mobilisé. Par ailleurs, le médecin d’accueil et d’orientation des urgences présent le 30 novembre était vêtu d’une blouse noire et a réorienté les cas qui ne relevaient pas de l’urgence vers d’autres lieux de soins de la ville.

À Besançon, une centaine de manifestants se sont rassemblés place de la Révolution pour dénoncer les conditions de travail dans les hôpitaux et demander des effectifs supplémentaires, rapporte L’Est Républicain qui a relayé les propos d’un soignant : « Pour prendre l’exemple de mon service en pneumologie, nous devons travailler à 6, en semaine. Actuellement nous sommes 4. C’est scandaleux ! Et derrière ce sont les patients qui trinquent. »
 
À Evry-Courcouronnes : une vingtaine de médecins, infirmiers ou encore aides-soignants se sont retrouvés devant le centre commercial d'Evry-Courcouronnes pour informer les clients de leurs conditions de travail, rapporte le Parisien qui a recueilli le témoignage d’une aide-soignante. « Je me retrouve parfois toute seule, une de mes collègues est en arrêt, une autre a déjà fait trop d'heures. Je ne peux pas être partout. Le soin ne peut plus être optimal, on ne peut plus continuer ainsi. »
 
Enfin, à Lyon, les internes étaient aussi dans la rue pour « ce premier jour de mouvement sur Lyon », selon le Syndicat autonome des internes des hôpitaux de Lyon (SAIHL) qui s’est mobilisé pour « pour nos conditions de travail, pour notre formation, pour l’Hôpital public ».

 

Portrait de Julien Moschetti

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