Certification des médecins : une réforme obligatoire… mais encore floue

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Annoncée, repoussée, attendue… puis finalement lancée. Depuis le 26 février 2026, la certification périodique des médecins est officiellement entrée en vigueur, marquant un tournant dans l’organisation de la formation médicale continue. Derrière cette réforme, une promesse : simplifier et structurer un système devenu illisible. Dans les faits, elle soulève encore de nombreuses questions.

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Certification des médecins : une réforme obligatoire… mais encore floue

© Midjourney x What's up Doc

Car ce nouveau dispositif s’impose désormais à tous. Le Développement Professionnel Continu (DPC), longtemps au cœur des obligations des médecins, n’est plus le cadre contraignant qu’il était. La certification périodique prend le relais, avec une logique plus globale : il ne s’agit plus seulement de se former, mais de démontrer, sur la durée, le maintien de ses compétences, la qualité de ses pratiques, sa relation avec les patients… et même son attention à sa propre santé.

Le principe peut sembler familier. Sur un cycle de six ans, découpé en deux périodes de trois ans, chaque médecin devra valider un certain nombre d’actions réparties dans ces différents domaines. Une architecture qui rappelle fortement le DPC, volontairement reprise pour ne pas déstabiliser les praticiens.

Mais derrière cette apparente continuité, le changement est réel. 

La certification devient le passage obligé. 

Pour autant, les anciens dispositifs ne disparaissent pas. Le DPC continue d’exister, ses actions sont maintenues, et leur financement est même reconduit à ce stade. L’accréditation, elle aussi, reste en place. Dans ce paysage en recomposition, les médecins devront naviguer entre ces différents outils, parfois redondants, souvent complémentaires.

À cette complexité s’ajoute un paradoxe : la réforme est lancée… sans son principal outil. La plateforme numérique censée permettre aux praticiens de déclarer leurs actions et de suivre leur certification n’est pas encore ouverte. À terme, chaque médecin recevra un accès via son numéro RPPS, pourra renseigner ses activités et obtenir une attestation, transmise ensuite aux instances compétentes pour validation. Mais pour l’instant, il faut patienter.

Dans ce contexte incertain, une consigne circule déjà : anticiper. Conserver tous les justificatifs, toutes les attestations, tous les éléments de formation. Car lorsque la plateforme sera opérationnelle, il faudra être en mesure de documenter précisément son parcours.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/commence-en-savoir-enfin-un-peu-plus-sur-la-future-certification-periodique-des-medecins

Sur le fond, la réforme se veut évolutive. Les référentiels ont été construits pour s’appuyer sur l’existant et limiter la charge administrative. Ils devraient rester stables pendant deux ans, avant d’être enrichis progressivement. Une manière de sécuriser le démarrage, mais aussi de reconnaître que le système n’est pas encore totalement abouti.

Reste une question, plus pragmatique : celle de la reconnaissance de l’engagement des médecins. À ce stade, la certification périodique n’ouvre droit à aucune indemnisation spécifique, contrairement à certaines actions de DPC ou d’accréditation. Un point qui pourrait peser dans l’adhésion au dispositif.

Pensée comme une réforme de simplification, la certification périodique redessine en profondeur le cadre de la formation médicale continue. Mais entre ambitions affichées et réalités de terrain, elle apparaît encore, pour beaucoup, comme un chantier en cours.

Pour tous les médecins en tout cas... une certitude demeure : il faudra s’y conformer. Reste à savoir comment, et à quel prix en temps et en organisation.

Certification des médecins : les points clés à retenir

  • Une réforme désormais obligatoire : la certification périodique remplace le DPC comme cadre de référence depuis février 2026 
  • Un cycle de 6 ans : avec des actions à valider tous les 3 ans dans plusieurs domaines de la pratique 
  • 4 axes structurants : compétences, qualité des soins, relation patient, santé personnelle 
  • DPC et accréditation maintenus : toujours utiles… et pour l’instant les seuls dispositifs indemnisés 
  • Une plateforme encore absente : le système de déclaration en ligne n’est pas encore ouvert 
  • Un réflexe essentiel : conserver toutes les preuves de formation dès maintenant 
  • Un dispositif évolutif : référentiel figé 2 ans avant ajustements possibles  

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