Volta Medical : son logiciel d'IA en cardiologie obtient le marquage CE

La start up marseillaise Volta Medical vient d’obtenir le marquage CE pour son logiciel d'intelligence artificielle en cardiologie. Celui-ci sécurise un financement de 1,5 million d'euros pour son développement clinique.

Pionnière dans le développement de logiciels d'IA en cardiologie, Volta Medical, une MedTech basée à Marseille qui a mis au point le premier logiciel d'intelligence artificielle (IA) en rythmologie interventionnelle, vient d’annoncer le marquage CE (conformité européenne) de son logiciel intelligent.
 
Elle bénéficiera aussi d’un financement d'1,5 million d'euros par la BPI qui sera utilisé pour lancer un programme clinique ambitieux comportant plusieurs études cliniques (plus de 450 patients dans le monde). Mais aussi pour étudier la faisabilité de nouveaux projets d'IA en cardiologie au bloc opératoire.
 
Le logiciel d'IA de Volta Medical permet de guider des cardiologues au bloc opératoire durant des interventions. En particulier les rythmologues interventionnels au bloc opératoire dans le traitement de la fibrillation auriculaire (FA) (lire encadré en fin d‘article), l'arythmie la plus complexe et la plus répandue au monde.

Faciliter la procédure et l'efficacité du chirurgien cardiaque

« Ce financement va nous permettre de continuer nos développements cliniques, soulignent les 4 cofondateurs, les médecins Julien Seitz, Clément Bars et Jérôme Kalifa, mais aussi l'ingénieur Théophile Mohr Durdez. L'innovation médicale de pointe de Volta Software facilite la procédure et l'efficacité du chirurgien cardiaque dans le traitement de la fibrillation auriculaire et permet ainsi d'améliorer les résultats obtenus et la qualité de vie des patients ».
 
Jusqu'à présent, les techniques standards de traitement de la FA étaient empiriques. « Elles créaient des lésions dans le cœur sans repérer de manière précise les zones qui causent la fibrillation auriculaire. Pour repérer les foyers électriques, sources de la fibrillation, le cardiologue devait déplacer des sondes dans le cœur pour repérer les impulsions électriques. Le problème résidait dans la maîtrise de la technique », précise dans son communiqué Volta Medical.

Une technologie révolutionnaire 

L’entreprise a donc eu l’idée de la modéliser et de l'automatiser afin de la rendre accessible au plus grand nombre de chirurgiens. Elle a donc réuni des électrophysiologistes et des scientifiques de haut niveau pour développer un outil d'orientation pour le traitement de la fibrillation auriculaire (FA).
 
De nombreuses recherches avaient été réalisées les 20 dernières années pour améliorer la prise en charge des patients atteints d'arythmies cardiaques, mais les résultats n’étaient pas optimaux « surtout pour la fibrillation atriale persistante car on doit faire face à un grand nombre de données dans lesquelles il est difficile de trouver la ou les petites parties à traiter », selon le Dr Tom De Potter, cardiologue rythmologue à OLV hospital (Aalst/Belgique).
 
Volta Medical a donc mis au point une approche standardisée très novatrice qui réduit la variabilité d'interprétation des données entre opérateurs. « Leur logiciel d'intelligence artificielle interprète qualitativement les signaux électriques de manière réplicables, comme si on le faisait dans leur laboratoire. Le système marche de manière autonome et c'est une grande avancée pour les médecins au bloc mais également l'espoir de se rendre moins souvent à l'hôpital pour les patients car leur arythmie sera mieux traitée dès le départ », poursuit le Dr Tom De Potter.

 

La fibrillation auriculaire ou atriale (FA)
La FA consiste en des contractions du cœur de manière à la fois anarchiques, rapides et irrégulières. Ces contractions chaotiques empêchent alors le cœur de pomper correctement le sang. La cause est une "tempête électrique" au niveau des oreillettes. Toute activité synchronisée a disparu et par conséquent l'effet mécanique (c'est-à-dire la contraction coordonnée des oreillettes) n'a plus lieu. Le cœur perd de sa force. Le ventricule peut momentanément compenser cette perte, mais à long terme l'épuisement de ses forces contractiles peut conduire à l'insuffisance cardiaque. La fibrillation auriculaire peut entraîner l'apparition d'un caillot dans le cœur qui peut migrer dans les artères du cerveau (risque d'AVC). C'est l'arythmie cardiaque la plus commune au monde et sa prévalence augmente avec l'âge. Le traitement moyen revient à 3000€/an/patient en France (soit 2,5 Milliards d'euros / an en France avec les hospitalisations représentant la moitié des coûts), selon Medscape.

 

Portrait de Julien Moschetti

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