#URPSbyWUD Les jeunes peu engagés ? Pas si sûr...

Les internes de médecine générale en donnent la preuve

Aujourd’hui est le dernier jour pour envoyer son bulletin aux élections URPS, mais What’s Up Doc continue son enquête sur les relations jeunes médecins/syndicats. Petit tour du côté d’un syndicat de libéraux en devenir : l’ISNAR-IMG, syndicat national des internes en médecine générale. Son président Trystan Bacon nous donne son point de vue sur l’engagement des internes.

6237 adhérents au syndicat national ISNAR-IMG sur environ 10000 internes en médecine gé. De quoi faire taire ceux qui répètent que les jeunes ne s’engagent plus. « Ces chiffres sont la preuve que les jeunes s’intéressent aux syndicats », confirme Trystan Bacon, président de l’ISNAR-IMG. Il nous donne un autre exemple : « Nous avons mené dernièrement deux enquêtes nationales : une sur l’exercice et l’autre sur la formation des internes en médecine générale. Nous avons reçu environ 1900 réponses pour la première, et 1750 pour la seconde ». Le fait que les internes prennent le temps de répondre c’est aussi selon lui « une façon de s’engager ».

Il faut dire que le syndicat d’internes est particulièrement actif localement. « Nous possédons une dizaine de structures locales en France. Nous sommes donc très présents sur le terrain, et il n’y a pas d’instructions données au niveau national », affirme Trystan Bacon. Est-ce là la raison de son succès ? A l’écoute des internes au niveau local, ces structures « permettent aux internes d’avoir des informations sur leurs droits, et donc un internat de meilleure qualité », ajoute-il.

Si les internes sont engagés, qu’est-ce qui les fait donc changer d’attitude à l’installation ? Car c’est un constat : diplômés, les jeunes médecins semblent délaisser les syndicats : autour de 20 à 25% d’adhérents selon Patrick Hassenteufeul, chercheur et spécialiste de l’histoire syndicale. Selon Guillaume de La Chapelle, jeune psychiatre à Lyon, qui a répondu à notre question : « Jeunes médecins / syndicats : c'est le désamour... Mais alors, qui pour porter notre voix ? » sur notre compte Facebook : « Nous les médecins on adore les assos et les syndicats pendant nos études, et puis après plus rien ». Ce que confirme le président de l’ISNAR-IMG : « Nous sommes une organisation étudiante, nous représentons les étudiants. Mais je ne suis pas certain que les gens qui s’engagent aujourd’hui s’investiront dans les syndicats seniors à l’avenir. Il y a un gap du monde étudiant au monde professionnel ». Les raisons ? Cela reste encore flou…

Quant à l’intérêt des jeunes pour les URPS, difficile de se renseigner auprès des internes, car cela ne les concerne pas encore. Malgré tout, Trystan Bacon concède que les enjeux de ces élections sont importants : « la négociation de la convention médicale va se faire sur la base de ces élections, on va être attentif à ce qui va se passer ». Tout en précisant bien : « nous avons nos positions propres et aucune affiliation à un syndicat senior ».

Trystan Bacon conclut : « Les internes qui s’engagent ne le font pas pour la gloire, pas pour l’intérêt personnel. Nous avons envie d’être à l’écoute des gens que l’on représente ». Un message à faire passer aux seniors ?

Source: 

Cécile Lienhard

Portrait de La rédaction

Vous aimerez aussi

La ville de Bourges va embaucher quatre médecins d’ici la fin de l’année pour prévenir la baisse annoncée de sa démographie médicale. Ils seront...
Le 14 décembre, le syndicat de médecins généralistes MG France appelle à une grève de l'ouverture des cabinets ce samedi, comme pour protester contre...

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.