Urgences : des syndicats de médecins soutiennent la grève

Relativement discrets jusqu’à présent, les syndicats de médecins affichent désormais leur soutien à la grève des personnels des urgences.

« L’hôpital public est en train de mourir ». C’est sur ce constat que le SNPHAR-e affiche son soutien aux grévistes des urgences. Dans une lettre adressée à Agnès Buzyn, le syndicat de médecins dénonce l’« épuisement professionnel et le burn-out » des soignants, « devenus communs ». Il appelle la ministre de la Santé à mettre en place un plan d’urgence pour sauver l’hôpital public, et demande à être reçu.

Le syndicat dénonce en particulier cet épuisement qui mène les personnels à des arrêts de travail. Il s’indigne également de la réponse apportée par leur autorité hiérarchique, qui consiste à un contrôle de la pertinence de ces arrêts. « Est-ce de l’autisme ou du mépris de la part des tutelles, jusqu’au plus haut du ministère ? », s’interroge le SNPHAR-e.
 
« L’hôpital public que nous avons aimé et choisi n’est plus ce qu’il était, ajoute-t-il. Autrefois, la carrière hospitalière était le must, l’objectif visé par tous et réservé à l’élite la plus compétente. Aujourd’hui, elle fait image de pis-aller, maltraitée pour des soins d’excellence 24 h /24 7 jours sur 7, mal payée pour travailler plus ». Les personnels médicaux et paramédicaux quittent maintenant l’hôpital, laissant des postes vacants, dans un schéma qui entretient la difficulté du travail.

Les hospitaliers mobilisés

Action praticiens hôpital (APH) et Jeunes médecins rejoignent eux aussi la lutte. Ils « soutiennent totalement et avec fermeté le mouvement de grève qui s'étend aux urgences de tout le pays et face auquel le gouvernement reste sourd et oppose un déni ahurissant ». Lors de la grève du 11 juin, les deux organisations appelaient également les personnels médicaux à se mettre en grève. « Le gouvernement doit enfin prendre la mesure des attaques subies par les hôpitaux publics, en particulier aux urgences, du fait de sa politique qui regarde ailleurs quand tout ne tient plus que par l'engagement des personnels au prix de leur santé », demandent-ils.
 
Discrets dans un premier temps à la demande des personnels soignants, pour ne pas focaliser l’attention médiatique vers les médecins au détriment des autres, comme cela a pu arriver dans le passé, ils font désormais front, car l’« urgence aux urgences, c’est aujourd’hui ».

Portrait de La rédaction

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