Une médecin humanitaire arrêtée et emprisonné aux Philippines, accusée d’être communiste

La police philippine a arrêté une médecin dans la capitale Manille, l’accusant d’être une cheffe de la rébellion maoïste qui mène une insurrection depuis des décennies.

Maria Natividad Castro, 53 ans, devra répondre à des accusations d'enlèvement, pour lesquelles un tribunal avait ordonné son arrestation en 2020, selon un communiqué de la police publié vendredi 18 février au soir.

Mais son ancien employeur, l'ONG de défense des droits humains Karapatan, a assuré que Mme Castro faisait l'objet d'accusations "inventées de toutes pièces". Son enquête sur des violations présumées des droits de l'Homme dans la région instable de Mindanao, tout en y créant des centres de santé communautaires, a mis en colère les autorités.

Elle a été interpellée chez elle vendredi et accusée d'être membre du comité central du Parti communiste philippin.

"Karapatan dénonce l'arrestation de la militante des droits de l'Homme et de la santé Dr Naty Castro comme une nouvelle forme d'attaque contre les défenseurs des droits de l'Homme", a dénoncé l'ONG, se référant au surnom de Mme Castro.

Les critiques du pouvoir assurent que les accusations de "communisme" sont utilisées pour discréditer et détenir des militants, des journalistes, des avocats et des dissidents.

Si cette pratique n'est pas nouvelle aux Philippines, elle s'est intensifiée sous la présidence de Rodrigo Duterte, selon les ONG.

Au début de son mandat, en 2016, M. Duterte, qui se qualifie de socialiste, a cherché à conclure un accord de paix avec les rebelles.

Mais après l'échec des négociations en 2017, il a qualifié le Parti communiste et sa branche armée "d'organisations terroristes" et a ordonné aux soldats de tirer dans les parties génitales des femmes insurgées.

Sur Facebook, le frère de Mme Castro a insisté sur le fait qu'elle n'était qu'une soignante qui aidait les populations indigènes.

"Ma sœur est accusée de plusieurs faits d'enlèvement et de détention illégale, tous liés à sa défense des droits de l'homme. Tous faux", a-t-il écrit.

Le chef de la police philippine, Dionardo Carlos, a félicité les forces de l'ordre pour l'arrestation de Mme Castro, déclarant dans son communiqué qu'elles ont permis "d'amener la suspecte devant la justice".

Avec AFP

 

 

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