Un procureur juge que l'agression d'un médecin est un "fait de faible gravité"

Dans la nuit de samedi à dimanche, un médecin s'est fait frapper aux Ullys (91). La portière de sa voiture a été déformée, mais le procureur n'a pas jugé utile d'organiser un procès. 

Ce médecin généraliste est encore traumatisé par l’agression dont il a été victime samedi soir aux Ullys (91). Intervenant pour SOS médecins dans le cadre de la permanence des soins ambulatoire (PDSA), il a été victime d’une agression, non pas par sa patiente, mais par le fils de ce patient. «Cela s’est passé ce samedi 26 septembre autour des 5 heures du matin. J’ai été appelé au chevet d’un patient lors d’une visite à domicile, autour des 5 heures du matin. À l’issue de cette visite, je n’ai pas signé d’ordonnance, et c’est à ce moment-ci que les choses se sont envenimées », témoigne ce médecin que nous avons joint. « J’ai alors décidé de partir, après m’être fait traiter de faux médecin. Mais le fils de la patiente me hèle, me demande de rester là, de ne pas partir ». Là s’ensuit une course poursuite dans les rues des Ullys entre le médecin et le fils de la patiente.

Pas de procès

Lequel s’oppose au départ du médecin, en essayant de bloquer la portière de la voiture du médecin. Ce dernier réussit à monter dans son véhicule, appelle la police, tandis que son agresseur pose son dos contre la portière en essayant de la maintenir ouverte. Le médecin accélère progressivement, et l’agresseur doit relâcher la portière non sans asséner un violent coup de poing au médecin, qui réussit à prendre la fuite. « J’ai décidé de porter plainte, mais le procureur a jugé qu’il s’agissait de faits de faible gravité. Mon agresseur ne passera pas en procès, mais aura droit à ce que l’on appelle une composition pénale. Il risque une amende, et le remboursement de ma portière qu’il a déformée ». Le médecin est outré par la légèreté des sanctions : « C’est scandaleux. On ne peut pas se permettre de violence vis-à-vis de quelqu’un qui vient vous soigner. Il faut que les choses bougent au niveau législatif ! » Ce médecin généraliste, qui n’a pas pu encore faire constater son agression par un autre confrère, a néanmoins introduit un signalement auprès du conseil national de l’ordre des médecins (Cnom). « Ce n’est pas la première agression que je subis. Il y a un an et demi ou deux ans, j’ai reçu un coup de poing d’un patient qui ne voulait pas me payer. » 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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