Télémédecine : quel avenir après le boom ?

Alors que l'usage de la téléconsultation a explosé pendant la crise sanitaire, elle peine encore à obtenir la reconnaissance qu'elle désire auprès des pouvoirs publics. L’association Les Entreprises de Télémédecine (LET) est revenue sur son avenir. 

« La télémédecine doit se consolider, la crise Covid l’a consolidée, mais il faut une vision plus large », entame François Lescure, président du LET, lors d'une conférence de presse le 18 novembre dernier. Ce dernier est né du rassemblement d’une quarantaine de sociétés, avec la volonté d’élargir à tous les métiers de la télémédecine. S’ensuit alors « un gros d’information et de communication auprès des pouvoirs publics, de la CNAM, du CNOM, de la DGOS… ».

« Si on veut construire une filière du numérique en santé, il faut commencer à créer un tissu industriel avec des gros acteurs, des petits, des innovateurs... Tous les métiers qui vont construire la chaine de la télémédecine ont autant de valeur », poursuit François Lescure.

Avant de nuancer. « La seule chose qu’on ne sait pas faire en France, c’est évaluer la rémunération de la chaine de valeur. On ne comprend pas, quand un patient parle à un médecin, c’est un acte médical mais en plateforme, ce n’est pas considéré comme un établissement de soin. Or, si on n’est pas établissements de soins, on n’est pas pas reconnus par la CNAM et donc la consultation n’est pas remboursée. Avec la crise Covid, heureusement que les sociétés de télémédecine étaient là. » 

Une crise qui permet de rebattre un peu les cartes. « On est un peu plus sollicités », précise François Lescure. « Il n’y a pas de différence entre l’acte à distance et en présentiel, l’anamnèse permet de traiter 80% des cas, et dans les 20% restant, on renvoie dans le parcours de soin pour un examen clinique », assure-t-il.

Ce que demande le LET aujourd’hui : une meilleure reconnaissance de la télémédecine avec notamment une prise en charge par la sécurité sociale, ainsi qu’une formation plus approfondie des nouvelles générations à cette pratique. « Nous avons pour objectif de promouvoir la télémédecine et la formation des médecins, aujourd’hui il y a cette sensation qu’on ne fait pas de la télémédecine comme on fait de la médecine. Il faut une éducation médicale autour de la télémédecine, c’est le regret de beaucoup de monde dans les études, qu’il n’y ait pas une part plus importante donnée au numérique en santé », conclut François Lescure.

Portrait de Constance Maria

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