Suicide des internes : des solutions existent

L’ISNI tire la sonnette d’alarme

Suite au suicide d’un interne bordelais la semaine dernière, l’ISNI tire la sonnette d’alarme et exhorte les autorités sanitaires à agir. Avec des mesures concrètes.

La semaine dernière, la communauté médicale accueillait tristement le suicide d’un interne d’anesthésie-réanimation de l’Océan Indien en stage à Bordeaux. Dans un communiqué de presse, publié mercredi, l’InterSyndicat national des internes (ISNI) rappelle qu’il s’agit du 5ème décès d’interne depuis le début de l’année universitaire. Selon le syndicat, c’est trois fois plus que pour la population du même âge. Plus que jamais, l’ISNI invite les autorités à trouver des solutions.

Le problème est le même chez les aînés. La première étude française à avoir traité le phénomène date de 2003. Elle démontre que les suicides représentent 14 % de la mortalité entre 30 et 60 ans chez les professionnels de santé, contre 5,8 % dans la population générale, soit un taux 2,5 fois plus élevé.

Difficultés personnelles, mais pas que

L’ISNI n'élude pas que les causes d’un suicide sont plurifactorielles. Mais « les difficultés personnelles ne mènent pas toutes vers un suicide », précise toutefois le syndicat. L’ISNI impute à ces évènements tragiques des horaires intenses, une pression constante et un manque de suivi médical personnel.

A cela les internes ajoutent les conséquences néfastes du « curriculum caché » qui correspond aux attitudes ne faisant pas l’objet d’un enseignement explicite mais qui sont transmises de manière implicite aux internes. Sur le terrain, les étudiants sont fréquemment exposés à des conduites non exemplaires s’éloignant des valeurs officiellement recommandées.  

Comment déceler un individu en souffrance ? « Certains signes sont annonciateurs comme être absent, faire des erreurs dans son métier et donner ses objets », explique le Pr Jean-Louis Terra, psychiatre, CH Le Vinatier, Bron. « En cas de doute, il ne faut pas hésiter à faire preuve d’ingérence et ne surtout pas laisser la personne seule. »

Des mesures concrètes

A l’occasion de la Présidentielle 2017, l’ISNI a donc rédigé un livre blanc regroupant des propositions visant, entre autres, à améliorer les conditions de travail des médecins. Le syndicat martèle dedans la nécessité de respecter les 48 heures de temps de travail hebdomadaire et le repos de sécurité. Les internes souhaitent également rendre la visite médicale auprès d’un médecin du travail obligatoire pour les étudiants du 3ème cycle. Enfin, l’ISNI désire la mise en place de groupes de paroles réguliers dans les hôpitaux.

De son côté, Jean-Louis Terra souligne qu'« interne ne veut pas dire cause du suicide » et qu’il est important de ne pas réduire la victime à son statut de professionnel de la santé. « Il ne faut pas perdre de vue ce que vivait la personne et dans quelle mesure l’établissement aurait pu l’aider. »

A la mi-juin aura lieu la publication des premiers résultats de l’enquête santé mentale jeunes médecins réalisée à l’initiative de l’ISNI. L’occasion pour les internes d’améliorer encore leur plan d’actions contre ce triste phénomène.

 

Source: 

Im`ene Hamchiche

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