Sud-Aveyron : les médecins redoutent un hôpital neuf dispersé sur trois sites

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La communauté médicale du centre hospitalier de Millau alerte sur les dernières orientations du futur hôpital commun du Sud-Aveyron. Les praticiens craignent que le maintien d’activités sur les sites de Millau et de Saint-Affrique ne disperse des ressources médicales déjà insuffisantes.

Sud-Aveyron : les médecins redoutent un hôpital neuf dispersé sur trois sites

© DR.

Les premiers travaux sont annoncés pour l’automne 2026 sur le site de Vergonhac. Mais à quelques mois du lancement du chantier, le projet du futur hôpital commun du Sud-Aveyron suscite une « profonde inquiétude » au sein de la communauté médicale du centre hospitalier de Millau.

Dans un communiqué adressé aux élus et aux autorités sanitaires, les médecins s’alarment des orientations présentées lors du dernier comité de pilotage. Elles pourraient, selon eux, remettre en cause le projet médical élaboré depuis près de cinq ans.

Concentrer les ressources sur un hôpital neuf

Le projet initial prévoyait de regrouper sur le nouvel établissement l’ensemble du plateau technique et des activités de médecine aiguë. Cette concentration devait permettre de répondre à la raréfaction des professionnels de santé et de constituer des équipes médicales suffisamment solides.

Les sites historiques de Millau et de Saint-Affrique devaient principalement conserver des activités de soins médicaux et de réadaptation, de psychiatrie, de soins de longue durée et d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

Or, les dernières annonces font désormais état d’une offre de proximité plus importante sur les deux sites existants. Sont notamment évoquées une activité de médecine polyvalente à Saint-Affrique, des consultations avancées à Millau et à Saint-Affrique, ainsi qu’une antenne d’urgence adossée au Smur.

« Ce n’est pas franchement ce qui est prévu dans le projet médical du Sud-Aveyron. L’idée, c’était de transférer sur le futur établissement la totalité du plateau technique », rappelle le Dr Julien Viader, président de la commission médicale d’établissement, dans les propos reproduits par le communiqué.

« Avec quels médecins allez-vous faire cela ? »

Au-delà de la modification du projet, les médecins s’interrogent sur la faisabilité de cette organisation. Les établissements de Millau et de Saint-Affrique connaissent déjà des fermetures temporaires de lits et des restrictions d’accès aux urgences en raison du manque de praticiens.

« Les consultations avancées sur Millau, dans quels locaux, avec quel personnel ? Quand on entend parler d’une urgence de 8 heures à 18 heures, ce n’est pas un service d’urgence », souligne le communiqué.

La question des effectifs constitue le cœur de leur opposition. « Avec quels médecins allez-vous faire ça ? C’est ça, le problème essentiel. On ne peut pas se disperser. Il faudrait se concentrer, si possible, sur un seul site », poursuivent-ils.

La communauté médicale redoute ainsi que le futur établissement ne s’ajoute aux deux hôpitaux existants sans véritable regroupement des activités. « Le résumé du Copil laisse supposer qu’il y aura effectivement trois hôpitaux », avertit-elle.

Les annonces concernant le maintien éventuel d’activités autour d’un bloc opératoire rénové à Saint-Affrique alimentent également les interrogations. « Cela soulève plus de questions que cela n’apporte de réponses », estime le communiqué.

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Les médecins défendent toujours le nouvel hôpital

Les praticiens ne remettent toutefois pas en cause la construction du nouvel établissement. Ils réaffirment au contraire leur soutien au projet initial, auquel ils indiquent avoir largement contribué.

Un hôpital neuf, doté d’un plateau technique moderne et d’activités suffisamment regroupées, pourrait selon eux améliorer l’attractivité médicale du territoire. « Un établissement neuf, avec des équipements modernes, c’est quand même plus attractif que des établissements vieillissants », rappellent-ils.

Face aux incertitudes actuelles, renforcées par le prochain départ de l’équipe de direction qui portait le dossier, la communauté médicale demande à être reçue rapidement par le président du conseil de surveillance du centre hospitalier de Millau et par le directeur général de l’Agence régionale de santé. Elle réclame des clarifications sur l’organisation retenue et sur les moyens humains permettant de la faire fonctionner.

1 commentaire(s)
Édouard D null 31 juillet 2026 23:24

Un des deux sites fait tout pour s'opposer à la création de l'hôpital commun (rénovations de bâtiments en ruine, nouveaux équipements etc.). Difficile de perdre sa tranquilité en étant obligé d'aller exercer dans un vrai CH. Les anecdotes à ce sujet sont à la fois révoltantes et répugnantes. Cette querelle de clocher coûte un bras monstre à l'état, et ça en frôle le ridicule.  

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