« Dangereux pour nos retraites » : les syndicats se liguent contre l’élargissement du régime simplifié

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La Caisse autonome de retraite des médecins de France (Carmf) et le Syndicat des médecins libéraux (SML) s’opposent à un projet de décret qui permettrait à davantage de médecins de payer leurs cotisations sociales par l’intermédiaire de l’Urssaf. Ils redoutent une baisse des droits à la retraite de certains praticiens et une perte de ressources pour la caisse.

« Dangereux pour nos retraites » : les syndicats se liguent contre l’élargissement du régime simplifié

© Midjourney x What's up Doc

 

Mise à jour du 5 septembre 2026

Retraites des libéraux : après la CARMF et le SML, la FMF et l’UFMLS montent au créneau

L’opposition syndicale au projet d’élargissement du régime simplifié des professions médicales (RSPM) s’élargit. Après le SML, la Fédération des médecins de France (FMF) a demandé début août la communication du projet de décret, une concertation avec la CARMF et les syndicats ainsi qu’une étude d’impact sur les retraites des médecins libéraux. L’UFMLS monte à son tour au créneau.

Dans un communiqué publié le 5 septembre, le syndicat estime qu’une hausse du plafond du RSPM, actuellement fixé à 19 000 euros de chiffre d’affaires, pourrait fragiliser davantage l’équilibre financier de la CARMF, déjà confrontée à un déficit technique lié au creux démographique des médecins cotisants.

L’UFMLS rappelle que la caisse dispose d’environ 6 milliards d’euros de réserves, mais juge qu’elles ne pourraient compenser durablement une baisse des cotisations. Elle redoute à terme une hausse des cotisations des actifs ou une baisse des pensions et demande à l’État de « revoir sa copie » et d’ouvrir une concertation.

Article du 30 juillet 2026

Le décret contesté doit préciser l’extension du régime simplifié des professions médicales (RSPM), un dispositif destiné à faciliter les démarches des médecins ayant une activité libérale limitée. Il permet de déclarer ses revenus et de payer l’ensemble de ses cotisations auprès d’un interlocuteur unique, l’Urssaf.

Le dispositif concerne déjà certains médecins remplaçants. La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2025 a prévu de l’ouvrir à d’autres catégories, notamment des médecins retraités poursuivant une activité, des remplaçants ou des praticiens participant à la régulation des soins et à certaines campagnes de vaccination.

Fin juin, la Carmf affirmait dans un communiqué avoir été informée « de manière indirecte » d’un projet de décret qui élargirait fortement le nombre de médecins susceptibles d’opter pour ce régime. Selon ses estimations, jusqu’à 25 % de ses cotisants pourraient être concernés.

Perte de recette 

Le principal point de friction ne porte pas sur la gestion ou le versement des pensions, qui resteraient assurés par la Carmf, mais sur la collecte des cotisations et sur les droits acquis dans le cadre du régime simplifié.

La caisse redoute que les cotisations versées par les médecins optant pour ce dispositif soient moins élevées que dans le régime ordinaire et leur permettent, en conséquence, d’obtenir moins de points de retraite.

Selon ses projections, les pensions des médecins concernés pourraient diminuer de 10 % à 20 % et les recettes de certains de ses régimes pourraient reculer de 10 % à 30 %. 

Le régime simplifié pourrait donc présenter un avantage administratif pour les médecins ayant une activité ponctuelle ou limitée, mais être moins favorable en matière de retraite si une part plus faible des cotisations était affectée à l’acquisition de droits.

La Carmf critique également le coût de la collecte par l’Urssaf, qu’elle juge supérieur à celui de son propre système de recouvrement. Elle craint enfin de perdre une partie de la relation directe qu’elle entretient avec ses affiliés.

Une « confiscation de la retraite », pour le SML 

Le SML a repris ces inquiétudes dans des termes plus alarmistes, dénonçant, dans un communiqué paru ce jeudi, « la confiscation de leur retraite sous couvert de simplification administrative ».

Le syndicat affirme que la Carmf prélève les cotisations avec des frais de 1 %, contre 3 % pour l’Urssaf, et demande que leur recouvrement demeure entre les mains de la caisse. Ces pourcentages ne sont cependant pas documentés dans son communiqué.

Le SML estime également que l’avantage social vieillesse (ASV) serait menacé. Ce régime supplémentaire de retraite bénéficie d’une participation de l’Assurance maladie, notamment pour les médecins conventionnés de secteur 1.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/urssaf-special-medecins-7-choses-savoir-lors-de-votre-installation

Aucun des éléments publics disponibles à ce jour ne semblent toutefois prévoir la suppression de l’ASV ni le transfert de l’ensemble des retraites des médecins à l’Urssaf. 

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