Un patient meurt après vingt minutes de détresse respiratoire sans prise en charge, une enquête ouverte à l’hôpital de La Tour-du-Pin

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Un homme de 75 ans, atteint de sclérose en plaques et hospitalisé en unité de soins de longue durée au centre hospitalier de La Tour-du-Pin (Isère), est mort le 29 juillet après une vingtaine de minutes de détresse respiratoire, alors que sa femme et sa fille disent avoir appelé en vain les soignants. Une plainte a été déposée et le Groupement hospitalier Nord-Dauphiné a ouvert une enquête administrative.

Un patient meurt après vingt minutes de détresse respiratoire sans prise en charge, une enquête ouverte à l’hôpital de La Tour-du-Pin

© Midjourney x What's up Doc

Hospitalisé depuis le 17 juin, Yves Casas souffrait d’une sclérose en plaques depuis vingt-cinq ans. Le soir du 29 juillet, son épouse et sa fille, venues lui rendre visite, constatent une nette dégradation de son état : masque à oxygène, difficultés à parler, encombrement bronchique important et détresse apparente, selon leur témoignage recueilli par Le Parisien.

Une infirmière lui administre alors un traitement contre la tachycardie ainsi qu’un antibiotique, puis quitte le service vers 19 h 35. Selon la famille, aucun soignant ne prend immédiatement le relais.

« Personne n’est venu »

L’état du patient se dégrade rapidement. Son épouse affirme avoir tenté à plusieurs reprises d’alerter le personnel. « J’ai appuyé en vain sur la sonnette d’urgence au-dessus de son lit. Personne n’est venu. J’ai tambouriné à toutes les portes jusqu’à me faire mal », raconte-t-elle au Parisien.

Sa fille dit elle aussi avoir parcouru les couloirs et frappé aux portes des bureaux et des salles d’astreinte. « C’était devenu un hôpital fantôme, vidé de son personnel », témoigne-t-elle dans le même quotidien.

Yves Casas meurt peu avant 20 heures, avant l’arrivée d’une infirmière. Selon la famille, un médecin se serait ensuite présenté et aurait reconnu « un dysfonctionnement dans le service ce soir-là ». Le Dauphiné Libéré rapporte également que ce médecin aurait demandé l’heure du décès, faute d’en avoir été informé par l’équipe.

Une plainte déposée, l’hôpital ouvre une enquête

La famille a porté plainte et saisi l’ARS ainsi que le procureur de la République.

Le Groupement hospitalier Nord-Dauphiné, dont dépend l’établissement, a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative, notamment pour déterminer les effectifs présents et les horaires des personnels ce soir-là. « Nous ne pouvons accepter de tels dysfonctionnements s’ils sont avérés », a déclaré l’établissement au Dauphiné Libéré.

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Interrogé par Le Parisien, le groupement hospitalier indique ne pas pouvoir communiquer d’éléments médicaux sur la prise en charge en raison du secret médical, mais assure s’être engagé auprès de la famille à faire « tout son possible pour apporter la plus grande transparence concernant le contexte de son décès ».

L’enquête devra notamment établir les conditions exactes de surveillance du patient, l’organisation de la relève et les circonstances ayant conduit à l’absence alléguée de réponse aux appels de la famille.

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