Pr Jérémie Lefevre.
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Hernies, pathologies de la vésicule biliaire, suites de pancréatite aiguë, mais aussi cancers du côlon et du rectum : depuis quatre ans, le Pr Jérémie Lefevre rend des avis sur des dossiers de chirurgie digestive via deuxiemeavis.fr. Environ la moitié des demandes qui lui sont adressées concernent ses domaines de surspécialisation.
Et le second regard n’aboutit pas toujours à la même conclusion. Dans sa propre expérience sur la plateforme, le chirurgien estime que « dans 20 à 30 % » des dossiers, son analyse conduit à « un changement d’indication » ou à « une annulation d’indication ».
Il cite notamment certaines situations de diverticulite où une intervention peut avoir été proposée alors que, selon lui, l’indication opératoire ne se justifie pas. Dans ces cas, le deuxième avis peut donc aller jusqu’à éviter une opération.
Éviter aussi une chirurgie trop mutilante
L’enjeu n’est pas seulement de décider s’il faut opérer ou non. Le deuxième avis peut également porter sur la technique chirurgicale elle-même.
En chirurgie colorectale, le Pr Lefevre cite notamment la question de la conservation sphinctérienne. Certains dossiers peuvent, après analyse de l’imagerie et des différents éléments médicaux, conduire à envisager une stratégie permettant d’éviter une stomie définitive. « On peut parfois éviter à un malade une opération un peu plus mutilante », résume-t-il.
À l’inverse, en cancérologie, les écarts sont selon lui moins fréquents concernant les séquences thérapeutiques, notamment parce que les dossiers passent aujourd’hui par des réunions de concertation pluridisciplinaire réunissant plusieurs spécialités.
Le deuxième avis sert aussi à confirmer le premier
Demander un deuxième avis ne signifie donc pas nécessairement remettre en cause la prise en charge initiale. C’est même souvent l’inverse. Le chirurgien estime que « dans deux tiers des cas », son analyse conforte le patient dans ce qui lui a déjà été proposé.
« Le malade va beaucoup plus sereinement à l’intervention avec le médecin qui l’a vu », explique-t-il. Et de préciser : « L’idée, ce n’est absolument pas de vouloir récupérer des malades. »
Ce recours à distance a évidemment ses limites. « Ça ne remplace pas l’examen clinique », insiste le chirurgien, notamment dans certaines situations comme les cancers très bas du rectum. Mais il considère que, dans « 80 à 90 % des situations », les éléments du dossier permettent déjà d’éclairer la décision, de corriger éventuellement une indication ou de conforter la stratégie proposée.
Rendez-vous le 16 septembre au 3CVD
Le Pr Jérémie Lefevre détaillera cette expérience de médecin expert deuxiemeavis.fr lors d’une interview What’s up Doc, en direct du congrès 3CVD.
Rendez-vous le 16 septembre 2026 à 8 h 30 au CNIT Forest de Paris La Défense. L’interview sera également à retrouver sur les réseaux sociaux de What’s up Doc et sur whatsupdoc-lemag.fr.