« Certains risquent de se tourner vers le circuit clandestin » : Les patients attendent toujours les décrets sur le cannabis médical

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Quatorze associations de patients déplorent « un nouveau blocage » dans le déploiement en France du cannabis médical, toujours suspendu à des décrets et arrêtés d'application de la loi, dans une lettre ouverte au Premier ministre Sébastien Lecornu.

« Certains risquent de se tourner vers le circuit clandestin » : Les patients attendent toujours les décrets sur le cannabis médical

© Midjourney x What's up Doc

 

Trois ans après le vote d'un cadre pour l'usage de cannabis médical, des patients qui « souffrent de pathologies graves et se trouvent en impasse thérapeutique » ne peuvent « toujours pas » y accéder, en l'absence de textes d'application, déplorent-elles. Et « faute d'accès légal et sécurisé, certains patients peuvent être tentés de se tourner vers des circuits clandestins », selon leur courrier dévoilé par le Parisien.

« Le Parlement s'est prononcé. Le cadre législatif existe. Les indications ont été définies, l'ANSM a engagé ses travaux et la Haute Autorité de santé attend sa saisine pour engager les siens. Aujourd'hui, l'avancée des travaux est en suspens faute de décrets et arrêtés publiés. Il appartient désormais au gouvernement de permettre l'application effective de la loi », exhortent les associations signataires.

Calendrier retardé

Alors que la HAS doit notamment se prononcer sur le caractère souhaitable ou non d'une prise en charge par la Sécurité sociale, ses auditions prévues les 20 et 21 octobre sur l'évaluation des médicaments à base de cannabis sont reportées faute de parution du décret nécessaire à la poursuite de ses travaux, selon la lettre ouverte, qui dénonce « un nouvel obstacle ».

« La douleur des patients ne peut pas devenir une variable d'ajustement administrative, politique ou électorale. À l’approche des prochaines échéances électorales, nous refusons que ce dossier soit une nouvelle fois différé, suspendu ou abandonné », lancent les associations.

L'usage du cannabis médical, testé plusieurs années en France auprès d'un nombre limité de patients, leur a globalement permis de réduire leur recours aux antidouleurs mais de manière limitée, selon un bilan rendu public mi-juin.

La publication de ce document, qui faisait suite à une action en justice du syndicat professionnel de la filière (Uivec) auprès de l'État, a enrichi le débat alors qu'un large flou demeure sur la généralisation potentielle de traitements à base de cannabis en France.

Cet usage, déjà en vigueur dans plusieurs pays contre la douleur et l'anxiété, a fait l'objet au début des années 2020 d'une expérimentation auprès de plusieurs milliers de patients, sous l'égide de l'agence du médicament.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/le-cannabis-therapeutique-rend-davantage-dependant-que-le-cannabis-recreatif

Le but n'était pas de déterminer si le cannabis est, en soi, efficace dans certaines indications – la littérature scientifique fait déjà apparaître des bénéfices, néanmoins modestes – mais s'il l'est suffisamment pour avoir un impact positif sur le système de soins.

Avec AFP

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