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Présentée ce lundi par le ministère de la Santé dans le cadre de la Stratégie nationale de santé sexuelle 2017-2030, cette feuille de route doit guider l'action publique pendant les quatre prochaines années autour de cinq axes : prévention, accès aux soins, lutte contre le VIH et les infections sexuellement transmissibles (IST), contraception et IVG, et réduction des inégalités.
Son ambition est de « garantir à toutes et tous un accès effectif à la santé sexuelle tout au long de la vie », selon le ministère.
Les jeunes font notamment partie des populations prioritaires, avec la poursuite du déploiement du programme d'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars) et l’intensification de la lutte contre la désinformation en santé sexuelle.
Le gouvernement entend parallèlement rendre l'offre de soins plus facilement identifiable, entre centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD), centres de santé sexuelle et professionnels de ville, tout en développant les dispositifs permettant d'aller au-devant des personnes les plus éloignées du système de santé.
9 centres communautaires d'ici 2030
Parmi les 22 actions annoncées figure le développement des centres de santé et de médiation en santé sexuelle (CSMSS), avec un objectif de neuf structures sur le territoire d'ici à 2030.
Ces centres communautaires, pérennisés en 2025 après une phase d'expérimentation, sont notamment destinés aux populations particulièrement exposées au VIH et aux IST ou éloignées du système de soins.
La France maintient par ailleurs son objectif de mettre fin à la transmission du VIH à l'horizon 2030. Pour y parvenir, le gouvernement mise notamment sur le dépistage, la prévention combinée et l'accès à la prophylaxie pré-exposition (PrEP). Il prévoit également d’élargir l’accès au traitement post-exposition (TPE), actuellement prescrit et délivré à l’hôpital, aux sages-femmes, infirmiers et pharmaciens.
En matière de contraception, la feuille de route prévoit d’étudier l’accès sans ordonnance en pharmacie à certains contraceptifs oraux et de faciliter le recours au dispositif intra-utérin au cuivre comme contraception d’urgence.
La feuille de route prévoit également de simplifier les parcours en matière de contraception et d'interruption volontaire de grossesse (IVG), alors que plusieurs mesures ont déjà été adoptées ces dernières années, parmi lesquelles l'allongement du délai légal de l'IVG et l'élargissement des compétences des sages-femmes.
Nouvel axe consacré au chemsex
Autre nouveauté mise en avant par le ministère : deux actions sont spécifiquement consacrées au chemsex, pratique consistant à consommer des produits psychoactifs dans un contexte sexuel et située à la croisée des enjeux de santé sexuelle, d'addictologie et de santé mentale.
La stratégie veut également mieux prendre en compte les personnes considérées comme particulièrement vulnérables ou exposées aux inégalités d'accès : jeunes, personnes précaires ou handicapées, personnes LGBT+, migrantes ou en situation de prostitution.
Enfin, le ministère prévoit de renforcer la collecte de données et l'évaluation des politiques de santé sexuelle, avec un suivi annuel à partir d'indicateurs communs. La mise en œuvre doit être déclinée dans les territoires avec les ARS et les comités de coordination régionale de la santé sexuelle (CoReSS), avec une attention spécifique portée aux Outre-mer.