Pendant des décennies, l’image d’Hans Asperger est restée celle d’un médecin attentif, convaincu que certains enfants autistes pouvaient trouver leur place dans la société. Mais l’ouverture des archives a fissuré ce récit.
Ses écrits montrent qu’il reprenait le vocabulaire de l’eugénisme nazi et qu’il distinguait les jeunes patients jugés « éducables » de ceux considérés comme irrécupérables. Pour ces derniers, un transfert vers le Spiegelgrund pouvait être prononcé, alors même que cet établissement participait au programme nazi d’élimination des enfants handicapés.
Asperger n’était donc pas seulement un médecin travaillant sous la dictature : il a aussi contribué, par ses diagnostics et ses décisions, à un système de sélection dont certains de ses patients ont été les victimes.